Visite à l’Antarctic Centre de Christchurch

Antarctic Centre 00
Jour 197 à jour 198
du samedi 25 au dimanche 26 janvier 2014

Nous quittons Sydney pour 3 heures de vol en direction de la Nouvelle-Zélande, le fameux pays des Hobbits, des All Blacks et de la fougère, emblème du pays. Nous arrivons à Christchurch, la plus importante ville de l’île du Sud (l’île du Nord comporte elle la capitale, Wellington et Auckland, la métropole), sous un grand soleil et une température clémente.

Richard, un loueur de camper-vans, nous attend à la sortie de l’aéroport afin que nous récupérions notre nouvelle petite maison sur roues pour les 19 prochains jours… Le van semble bien confortable, Richard est un sacré personnage très sympa, tout devrait bien se passer ! Après avoir réglé les quelques formalités, il se fait déjà tard et nous nous mettons en route pour trouver un camping pour la nuit.

Un petit tour en Antarctique

Le lendemain, après avoir fait un plein de courses pour manger, nous nous rendons au centre international de l’Antarctique ! Christchurch est en effet l’une des rares villes au monde qui constitue une base de départ importante à destination du continent blanc, avec Hobart en Tasmanie, Ushuaia en Argentine et Cape Town en Afrique du Sud. Christchurch relie par avion l’une des plus importantes bases de l’Antarctique – Scott Base – principalement américaine mais avec la participation de la Nouvelle-Zélande et de l’Italie.

Le panneau à l’entrée annonce la couleur : L’Antarctique, le plus froid, le plus sec et le plus venteux endroit sur la Terre… ça laisse songeur ! Billets en mains, nous quittons le hall d’entrée pour nous diriger vers la première pièce où de la – fausse – neige tombe et on y en apprend plus sur les premières expéditions à travers ce méga-continent recouvert d’une épaisseur de glace de quelques kilomètres, grand comme 2 fois l’Australie (25 fois la France en gros) ! Le centre explique notamment comment se déroule la vie sur la base de Scott, expose des photos prises presque en direct, avec de petites annotations indiquant l’heure et la date à laquelle la photo à été prise (il ne faut pas oublier que durant l’été polaire, il fait presque jour 24h/24), la température ainsi que la vitesse du vent lors de la prise de vue !

Et afin de bien vous convaincre de ce que les équipes scientifiques peuvent endurer sur place, une tempête de froid est déclenchée toutes les heures dans l’une des grandes pièces du centre. Nous nous préparons en enfilant un épais manteau ainsi que des chaussons en caoutchouc par dessus nos chaussures (afin de ne pas glisser sur la glace) et entrons dans la pièce quelques minutes avant la tempête. La pièce est maintenue à une température constante de -8°C et la tempête que l’on s’apprête à subir n’ajoute que du vent ! Mais à près de 40 Km/h de vent, la température ressentie est de près de -35°C ! Nous sommes frigorifiés malgré les multiples couches de manteaux et polaires que nous portons ! Une fois la tempête terminée, on part vite se réchauffer à l’extérieur pour une autre activité tout aussi amusante, un petit tour en Hägglund : un véhicule blindé amphibie avec de grosses chenilles, principal moyen de transport sur le continent blanc. Ce prodige mécanique nous vient tout droit de Suède et fonctionne dans quasiment toutes les conditions de terrain, que nos amis kiwis (les habitants de Nouvelle-Zélande) se sont amusés à reconstituer aux alentours du centre. Certes, il n’y a pas de glace mais des reliefs aux pentes impossibles à gravir même par le meilleur des moutons du pays (à plus de 50°), des crevasses (d’une largeur de plusieurs mètres), des mares de boues profondes (nous disparaissons sous l’eau un moment)… tout y est ! Et notre magnifique engin jaune poussin s’en sort à merveille !

Une fois notre petit tour de ”manège” terminé, nous filons à la rencontre de la plus petite espèce de pingouins au monde, les ”Little Blue Penguins”, l’une des autres attractions phares du centre. Ne nous demandez pas si ce sont des manchots ou des pingouins, les anglais n’ayant qu’un seul mot pour désigner les deux espèces, je vous avoue que l’on y perd un peu son latin ! Ces petits pingouins bleus ont tous été récupérés à la suite d’accidents ou parce qu’ils étaient handicapés. Ils sont donc tous un peu éclopés mais fascinent aussi bien les grands que les petits ! Certes ces petites bêtes semblent assez ridicules lorsqu’elles clopinent sur terre, mais une fois qu’elles sont dans l’eau, c’est une autre histoire :) De grandes vitres sous-marines permettent d’observer leur figures acrobatiques et leur agilité sous l’eau est stupéfiante, même pour le plus amoché d’entre eux n’ayant qu’une nageoire valide !

Christchurch, une ville secouée…

Nous disons au revoir à ces adorables bestioles et regagnons notre van afin d’aller faire un tour dans ce qu’il reste de la ville… Oui car Christchurch a malheureusement été victime de nombreux tremblements de terre depuis quelques années et le 22 février 2011, une violente secousse de 6.3 en plein midi a réduit en miettes le centre historique de la ville. Depuis, il y a eu de nombreuses répliques et la ville semble toujours en travaux. Certaines constructions sont presque dans le même état de délabrement qu’au lendemain de la première secousse, des façades ont été consolidées par des murs de containers et l’on a du mal à savoir pourquoi la ville est toujours dans cet état, si longtemps après. Alors qu’ailleurs, ce ne serait plus qu’un mauvais souvenir et que tout aurait été rasé ou reconstruit plus loin, ici on a visiblement l’impression qu’il y a une latence forte et que les autorités n’ont pas envie de ”lâcher” le centre ville. Après le tremblement de terre, les habitants ont d’ailleurs été tout simplement expulsés, leurs maisons murées, avec interdiction de venir y récupérer leurs affaires…pendant de longs mois. C’est du coup une ville un peu fantôme que nous parcourons au gré des rues et avenues aux allures post-apocalyptiques… Quelques attractions ont été installées ça et là par les artistes locaux afin de redonner un peu de ”vie” au quartier, comme ce jeu d’échecs géant en cônes de chantier ou un parc de palettes bleu électrique, mais cela nous parait bien maigre… La réalité est que la vie de Christchurch s’est déplacée dans le quartier excentré de Addington, qui a pris de plus en plus d’importance au fil des mois, ayant été épargnée par les différentes secousses (les commerces, les restaurants et les bars chassés du centre-ville y ont rouvert boutique). À l’heure d’aujourd’hui, le centre ville de Christchurch n’a toujours pas été réouvert à ses habitants…

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