Mystiques Uluru et Kata Tjuta

Uluru 00

Jour 168 à jour 170
du vendredi 27 au dimanche 29 décembre 2013
 À la découverte d’Uluru

Nous touchons au but en arrivant dans le ”village” de Yulara, un grand complexe hôtelier destiné à héberger les quelques 300.000 visiteurs qui viennent ici chaque année. Car le parc national d’Uluru – Kata Tjuta est effectivement loin de tout et Alice Springs, la ville la plus proche, est à plus de 450 km par la route… Autant vous dire que lorsque vous venez jusqu’ici, il vous faut passer au moins une nuit sur place ! Nous prenons donc un emplacement (ridiculement cher) dans le vaste camping du resort et repartons aussitôt pour nous rendre à ”l’aire du coucher de soleil”. Cette grande aire de stationnement se situe à l’endroit idéal pour admirer les changements de couleurs et de lumières sur le fameux rocher lorsque le soleil se couche…

Nous arrivons un peu tôt sur place et n’avons que l’embarras du choix devant le nombre de places de stationnement encore libres. Nous choisissons une place devant laquelle se trouve un arbre, histoire de donner un premier plan sympa à nos photos :) Après avoir sorti les chaises et nous être servi un verre de jus de mangue affreusement chaud, nous prenons le temps d’apprécier le caillou dans toute sa splendeur. Mais n’oubliez pas, dehors la température avoisine toujours les 42°C, même en cette fin de journée. Depuis quelques jours, nous buvons environ 7L d’eau quotidiennement mais nos réserves sont stockées dans le coffre où le soleil tape toute la journée. Ce soir, nos bouteilles sont bouillantes. Impossible d’en boire une gorgée. Jordane, au bord du désespoir, mouille un torchon de cuisine avec l’eau chaude pour s’en tamponner le visage et remarque qu’au bout de quelques minutes, le torchon est devenu… (presque) frais ! Ni une ni deux, elle trempe à nouveau le torchon et l’enroule cette fois autour de l’une des bouteilles qu’elle laisse dehors sur l’une des chaises. Au bout d’une demi-heure, l’eau est à nouveau presque buvable (entendez, à température ambiante) et, croyez-nous, nous serions prêts à danser de joie !

Mais revenons-en au mystique rocher d’Uluru que nous contemplons… Aucune photo, aussi belle soit-elle, ne peut rendre justice à ce monolithe devant nous. Uluru se dresse tel une falaise en plein désert, là où les alentours ne sont que broussailles… Il s’élève quand même à 348 mètres, soit 24 petits mètres de plus que la Tour Eiffel ! Cela peut vous donner une idée de sa taille et de sa grandeur, qui nous impose comme un silence. Même aujourd’hui, Uluru continue de renfermer de nombreux secrets : la partie visible de cette montagne-île est en fait assez insignifiante comparée à ce qui se trouve… sous terre ! Personne ne sait exactement à quelle profondeur s’enfonce le monolithe mais ce serait de l’ordre de quelques kilomètres ! Ça laisse songeur… Et dire que ces paysages n’ont quasiment pas changé depuis quelques 60 millions d’années !

Si vous voulez en savoir plus sur Uluru, je vous recommande grandement l’article Wikipédia qui y est consacré (particulièrement le chapitre sur la géologie, quasi-incompréhensible pour les néophytes que nous sommes mais ça vaut le détour !)

Le soleil commence à décliner. De nombreuses voitures nous ont rejoint sur l’aire et tout le monde observe et admire les différentes teintes que prend la roche au fur et à mesure que le soleil se couche, passant de l’ocre à l’orange, puis au rouge, au brun-marron, au violet et enfin au gris sombre avant la nuit noire… Nous rejoignons alors le camping et préparons notre dîner. C’est alors que nous remarquons qu’un oiseau semble s’être coincé dans le bâtiment des toilettes. Son chant est assez interrogateur et semble dire ”Il y a quelqu’un ? Bonjour ? Vous êtes là ?” Aucun oiseau ne lui répond mais il ne perd pas espoir et on sent toujours de l’optimisme dans son chant. Jordane va faire une première reconnaissance en prenant sa douche mais il est visiblement coincé dans l’aile des hommes. À mon tour, donc, de prendre ma douche et de tenter de le localiser. Il est bien là, dans la charpente, mais peut voler sans problème ! J’ouvre tout de même en grand la porte afin de le laisser sortir mais il semble très bien là où il est ! Peut être veut-il seulement que ses amis viennent le rejoindre là ? En tout cas, rien ne le découragera et il continuera de chanter les jours et les nuits suivantes, sans faiblir !

 Les rondelettes Kata-Tjuta

Le lendemain, nous nous rendons à l’autre site d’importance du parc, connus par les aborigènes sous le nom de Kata Tjuta. Le site se trouve à 25 km d’Uluru que nous faisons en une petite demi-heure de voiture. Mais les températures sont déjà très hautes et la majorité des sentiers de randonnée sont fermés pour éviter tout risque d’insolation. Nous nous rabattons alors sur un magnifique point de vue, à quelques kilomètres de là d’où nous contemplons cette belle chaîne de montagnes, dont les 36 dômes sont tout en rondeurs. Les Kata Tjuta s’étendent sur près de 22 km2 et leur point culminant se trouve à 546m du sol (bien plus qu’Uluru, donc !) La silhouette de l’ensemble est assez particulière…

Après quelques (centaines ?) de photos, nous retournons à Yulara pour y passer l’après-midi et nous tentons de trouver un endroit à l’ombre et au frais… Direction le musée ! Nous découvrons alors comment ce village, essentiellement touristique, a vu le jour et comment il fonctionne au quotidien. Yulara a été créé dans le début des années 1970, sa population fixe est d’environ 1000 habitants travaillant majoritairement dans les infrastructures touristiques et le village est ravitaillé par un convoi de 3 road-trains par semaine qui viennent d’Adelaide. Toute l’eau du complexe-village est puisé sur place et est donc rare. D’autres chiffres rigolos étaient mentionnés, comme le nombre de rouleaux de papiers toilettes utilisés, mais nous avons renvoyé la brochure à Paris !

Visite du centre culturel

Le troisième jour, avant de partir pour le sud, nous passons la matinée à visiter le centre culturel aborigène au pied du monolithe. Bien sûr, Uluru et les Kata Tjuta sont des sites sacrés qui revêtent une très grande importance dans la culture aborigène. Dans le centre, nous apprenons que c’est seulement en Octobre 1985 que le gouvernement australien a rétrocédé la propriété d’Uluru aux aborigènes à la condition que ces derniers accordent un bail d’exploitation touristique de 99 ans… Le parc est aujourd’hui géré conjointement entre l’agence des parcs nationaux australien et la communauté aborigène locale, les Mutitjulu. Nous réalisons aussi qu’il est interdit de photographier certaines zones très précises d’Uluru (parfois pas plus larges que quelques mètres). Mais lorsque nous prenons une photo du monolithe dans son intégralité, il n’est pas possible de couper ces zones sensibles ! La demande peut donc paraitre étrange au premier abord… Ces zones sont associées à différents rites du peuple Anangu : une zone est par exemple réservée pour les femmes âgées et une autre pour les hommes les plus initiés et ils ne doivent pas être au courant des rites du sexe opposé… Nous découvrons également une partie des histoires et des mythes aborigènes qui parlent pour la première fois de manière écrite (et à des visiteurs) du Temps du Rêve – leur mythe créateur – , de leurs dieux et de leurs croyances, ainsi que de leur mode de vie. Nous nous sentons privilégiés ! Le site lui-même est magnifique, recouvert de fresques murales d’art traditionnel aborigène mais qui est, là aussi, impossible de photographier… De la même manière, sur de nombreux panneaux explicatifs, des photos d’aborigènes importants ont été recouvert de papier ou de pancartes précisant « Pour respecter la culture aborigène, nous ne pouvons pas présenter de photographie d’une personne décédée ».

L’ascension d’Uluru

Autre fait marquant, toutes les brochures que nous lisons parlent de « l’ascension d’Uluru », sujet à de nombreuses controverses. En effet, les Anangu n’escaladent pas Uluru, car le chemin qui grimpe au sommet croise un sentier sacré traditionnel très important pour eux. Il est donc demandé et vivement recommandé aux touristes de respecter leurs croyances et de ne pas tenter l’ascension… Ce que nous avons du mal à comprendre, c’est que sur la même brochure, juste à côté, sont données les indications pour tenter la grimpette ! Une escalade qui est très loin d’être facile puisqu’elle fait près de 2 km avec des pentes à parfois plus de 60° ! Une vraie folie par des températures pareilles et chaque année, on déplore des accidents parfois mortels. Il s’agit d’une véritable blessure pour les Anangu qui, part leur culture et leurs croyances, sont responsables des visiteurs qui viennent ici.

Ne tenant plus devant tant d’incohérences, nous allons alors demander plus de précisions à la ranger qui se trouve là : ”Pourquoi diable l’ascension d’Uluru n’est-elle tout bonnement pas interdite au public ?” Celle-ci nous répond que c’est ce que tout le monde voudrait à terme, que ce soit pour des raisons spirituelles envers les aborigènes mais aussi (et surtout de son point de vue de ranger) pour des raisons de sécurité, l’escalade étant vraiment très physique et dangereuse par endroits en cas de vents forts ou de températures extrêmes. Mais à priori un tiers des touristes qui viennent visiter Uluru viennent pour en faire l’ascension… S’ils fermaient le sentier, le nombre de touristes descendrait en flèche. Ils en ont d’ailleurs fait l’expérience il y a quelques années et ont décidé de rouvrir le sentier par la suite… La ranger nous indique tout de même que de plus en plus de gens prennent conscience que cela est contre le respect des croyances aborigènes et garde bon espoir que l’ascension soit définitivement fermée d’ici quelques années… (Dans les faits, ils aimeraient tomber à moins de 20% de gens venus pour ça, mais ce n’est pas pour de suite).

Quand à nous, nous ne faisons pas l’ascension et signons le livre d’or : ”Je n’ai pas grimpé sur Uluru”. Avant de repartir vers le sud, nous faisons un dernier tour d’adieu du monolithe en voiture… pendant lequel la GoPro, qui filmait, est éjectée du toit alors que nous roulions à faible vitesse pour filmer une jolie séquence… On nous l’avait bien dit que cette partie était interdite à filmer !

2 réponses à Mystiques Uluru et Kata Tjuta

  1. Les globe trotteurs

    Que de bons souvenirs vous nous faites revivre! C’est un endroit Magique! lol
    Ça nous réchauffe de voir ces belles photos! (actuellement, nous sommes toutes polaires sorties…lol)
    Bisous les amis!

    • Jordane

      Merci vous deux !! Ça nous a fait exactement le même effet quand nous avons posté cet article alors que nous étions sous une épaisse couche de brouillard à Valparaiso…! On aimerait bien y être encore ! A partir de demain ou après-demain, on sera à notre tour comme vous, en doudounes / polaires direction le Sud, brrrrr !

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