Les graffitis de Melbourne

Melbourne 000Jour 182 à jour 194
du vendredi 10 au mercredi 22 janvier 2014
Une arrivée épique !

En ce vendredi 10 Janvier, nous quittons donc le sympathique petit camping de Blanket Bay pour rejoindre la civilisation après près d’un mois et demi de routes désertes. Comme chaque matin – et d’autant plus depuis que nous avons eu un problème sur l’Oodnadatta Track – je vérifie tous les niveaux du moteur : huile moteur, huile de boite, frein, radiateur, direction assistée… et ce matin ne déroge pas à la règle et tout est absolument normal. Nous nous mettons en route et roulons sur une petite piste de gravier en sortie du camping lorsque tout à coup, la voiture perd de la puissance, à tel point que nous sommes presque arrêtés… Nous devons rouler autour des 30 km/h et les petites côtes qu’il y a à gravir nous paraissent interminables ! Nous arrivons, tant bien que mal, à rejoindre la route qui rejoint la Great Ocean Road. Mais avant d’entamer cette route passante, je sors faire un petit check du moteur.

Alors quel peut être ce problème ? Mystère… Quoi qu’il en soit, nous sommes contraints de continuer par nous-même coûte que coûte car nous avions fini par décider de ne pas prendre d’assistance routière. Ce qui veut dire que lorsque vous tombez en panne, soit vous vous débrouillez, soit ça vous coûte très cher en remorquage ! Comme le problème de perte de puissance avait disparu de lui même après l’Oodnadatta Track, nous avions mis ça sur le compte de la chaleur extrême et nous n’avions jamais eu de problème par la suite ! Mais là, la température est tout à fait clémente et le moteur a encore plus de mal que la première fois ! Serait-ce dû à notre folie d’il y a quelques jours en arpentant le sentier de randonnée avec notre 4×4 ? Peut-être mais nous n’avions jamais forcé un passage, tout s’était fait en douceur.

Nous parcourons avec grand peine la trentaine de kilomètres qui nous séparent du prochain bled : Apollo Bay, une petite ville relativement importante car c’est l’une des seules de ce côté de la Great Ocean Road. Nous trouvons un garage mais celui-ci est débordé et le chef mécano est justement parti chercher une voiture en panne… que nous avons croisée sur le bord de route un peu plus tôt à Cape Otway ! Décidément… Après un bon sandwich local, nous prenons alors la décision de continuer jusqu’à ce que ne puissions plus du tout avancer et advienne que pourra ! Mais à notre grande surprise, la voiture roule parfaitement à la sortie de la ville ! Nous atteignons même les 90 km/h (enfin, lorsque c’est possible car la route sillonne beaucoup) !

Malheureusement, peu avant notre arrivée à Geelong, la première grosse ville avant Melbourne, 90 km plus loin, la voiture refait des siennes et n’avance plus, ou très peu. Il nous faut faire le choix entre l’autoroute et les petites routes, mais un peu emportés par la circulation, nous nous retrouvons sur l’autoroute, à moins de 40 à l’heure… Ça en devient dangereux et nous sortons de là dès que possible ! Je re-re-vérifie le moteur et toujours rien d’anormal, en tout cas rien de visible ! Nous arrivons à trouver notre itinéraire par les petites routes ce qui nous rallonge tout de même le trajet pour Melbourne d’une bonne trentaine de kilomètres mais peu importe, on préfère arriver tard et vivants que percutés sur l’autoroute en roulant trop lentement. La voiture se traine, roulant au maximum à 50 km/h. Sur une longue ligne droite déserte, je m’arrête à nouveau pour laisser souffler le moteur et voir si en refroidissant, ça n’irait pas mieux. C’est alors qu’un pick-up s’arrête et que son conducteur, à l’air sympathique, vient à notre rencontre et nous demande si quelque chose ne va pas. Un peu déprimés de passer notre dernier jour de route dans ces conditions, on lui explique ce qui se passe. À l’écoute de nos explications, l’homme penche pour un problème au niveau de la pompe à gasoil… ce que j’avais tout justement suspecté la toute première fois que le problème était apparu ! Il essaye de l’enlever, pompe un max de carburant, tente de dévisser le drain… en vain. Mais il nous explique que pour lui, c’est surement des impuretés qui se sont coincées dans le filtre/pompe à gasoil, ce qui provoquerait la perte de puissance… un peu comme si la voiture tombait en panne d’essence continuellement ! Et c’est effectivement un peu ce qui se passe. Désolé de ne pas pouvoir nous aider plus, faute d’outils, il nous souhaite bonne chance et reprend sa route en nous conseillant de changer le filtre au plus vite. Nous relançons le moteur et repartons en direction de Melbourne. Miracle de nouveau, le problème a totalement disparu ! Nous faisons même une pointe à 110 km/h, vitesse que nous n’avons jamais atteinte jusqu’ici ! Un petit coup de fil tout guilleret à Mike & Helen pour leur annoncer que nous filons maintenant à vive allure et que nous devrions être là dans une heure tout au plus, soit vers 21h… La voiture ne faiblira pas jusqu’à notre arrivée et nous retrouvons, joyeux, nos hôtes pour les 12 prochains jours !

Installation chez Mike et Helen à Coburg, au nord de Melbourne

Une fois les retrouvailles passées, Mike sort une grande tente de son garage et nous installons notre chambre dans le jardin. Après avoir dormi si longtemps dans notre nid perché, voilà que nous retrouvons le plancher des vaches ! En effet, leur rue n’est pas franchement adaptée pour que nous puissions déplier la tente de toit et il est plus sage de camper dans leur jardin…

Les jours suivants seront principalement occupés à ranger, nettoyer et laver tout ce qui se trouvait dans le 4×4. Nous publions une annonce sur internet dès le lendemain de notre arrivée avec l’espoir de vendre notre belle Titine avant notre départ de Melbourne. Un grand lavage de toute nos affaires est également indispensable après avoir roulé dans la poussière pendant plusieurs jours. On retrouve la couleur d’origine de nos habits, chouette ! :) Nous devons également gérer le changement de notre pare-brise car durant nos quelques jours dans le centre rouge, un camion nous avait lancé un petit caillou, venant faire un gros impact pile dans le champ de vision du conducteur. Heureusement, pour ça nous sommes assurés… Un petit coup de fil à l’assurance qui redirige automatiquement vers le Carglass local, prise de rendez-vous à domicile 2 jours plus tard, référence de la voiture exacte et hop, c’est bouclé ! En moins de 5 minutes, nous avons un rendez-vous avec un technicien qui viendra changer tout le pare-brise sur place le lundi suivant ; au moins une chose de réglé !

Nous en profitons aussi pour trier et décharger toutes nos photos ! Cela faisait un moment que nous n’avions pas fait le tri. Pour aider à la tâche, je reçois un bel ordinateur tout neuf, un Mac que je m’étais commandé quelques jours auparavant car l’Australie avait l’avantage d’offrir un des meilleurs tarifs de la planète grâce au taux de change, et je pouvais en plus commander le Mac avec un clavier français, ce qui n’est pas possible dans tous les pays. Le lundi matin, le livreur TNT toque à la porte, un beau colis à la main, et c’est avec joie que je découvre ce tout nouveau MacBook Pro 13” avec écran rétina, depuis lequel je vous écris cet article :) Inutile de vous dire que la journée suivante sera consacrée à la configuration et au remplissage de l’engin…

En attendant, nous retrouvons un autre ami de longue date, Paul, qui habite également à Melbourne. Paul travaille aussi dans le spectacle et est actuellement régisseur lumière sur la comédie musicale de King Kong, un gros spectacle qui se joue en ville. Mais le lundi est son jour de congé et nous en profitons pour aller en ville avec lui, arpenter les petites allées du centre de Melbourne, admirer les beaux graffitis colorés, explorer la grande bibliothèque et la station de train, sans manquer de nous balader sur les docks où des pianos ont été mis à la disposition de tous ! Nous passons une après-midi bien agréable et rentrons dans la soirée chez Mike & Helen pour lancer un gros barbecue, une véritable institution chez les australiens (bien que Mike & Helen soient anglais) ! Bières, saucisses et oignons grillés, voilà qui est parfait !

Essayons de vendre Titine !

Deux jours après avoir posté l’annonce, voilà nos premiers clients potentiels qui s’annoncent. Nous avons rendez-vous ce soir pour leur montrer la voiture et on s’affaire donc à faire une dernière beauté à Titine l’après-midi même. Grand nettoyage intérieur / extérieur, et l’on s’emploie même à faire un coup de propre dans le moteur, les gens aiment bien ça – moi je trouve que ça fait suspect… Arrive l’heure du rendez-vous avec un jeune australien, son père et un ami mécano. Ils inspectent la voiture sous toutes les coutures, on leur vante les mérites du confort de la tente de toit… et nous partons faire un tour pour l’essayer sur la route. Evidemment, nous n’avons qu’une peur : que la voiture recommence à faire des siennes… Mais étant donné qu’une fois de plus, le problème a totalement disparu depuis que le type sur la route a traficoté le filtre à gasoil, on se dit que ce n’était pas si grave et que c’est du passé ! Nos acheteurs sont presque prêts à l’acheter mais nous demandent de trop baisser le prix, ce que nous ne pouvons pas accepter. Ils seraient alors prêts à nous l’acheter à notre prix, à la condition que nous nous occupions du changement de plaque d’immatriculation pour l’état du Victoria – où nous nous trouvons – au lieu de celui du New South Wales, où nous avons acheté la voiture. Cette histoire d’immatriculations, différentes dans chaque état d’Australie, est un véritable casse-tête et sujet à de longues heures de discutions avec Mike… Nous n’aurons jamais de nouvelles de ces acheteurs dans les jours qui suivent, bien que nous ayons même été jusqu’à prendre un rendez-vous avec l’équivalent de la préfecture pour changer les plaques… Déçus et un peu désespérés, nous baissons le prix sur notre annonce afin d’attirer plus de monde.

Deux ou trois autres personnes intéressées viendront voir la voiture, mais à chaque fois, soit ils n’ont pas l’argent nécessaire pour l’acheter, soit ils ne veulent pas de l’équipement de camping (que nous ne vendrons pas séparément), soit ils ont un problème avec l’immatriculation. Mais les jours passant, nous avons tout de même de plus en plus de monde intéressé. Nous redescendons encore un peu le prix sur l’annonce et diffusons au maximum l’info parmi tous les amis d’amis australiens… Sans trop de succès.

Préparation, visite et… King-Kong !

Les jours s’enchainent à une vitesse folle et l’on ne sait absolument pas où passe le temps, nous avons pourtant l’impression de ne pas chômer et pourtant, encore toujours autant de choses à faire : poster nos articles en retard sur le blog, trier et retoucher les photos, préparer l’île de Pâques qui approche, trouver un logement à Moorea pour nos quelques jours en Polynésie Française, finir de réserver les camping pour notre trip en Afrique australe qui a lieu dans plus de 7 mois, demander des devis pour les camping-cars aux USA, savoir qui viendra avec nous en Islande… Pas de quoi se plaindre évidemment ! Mais toutes ces petites choses auront grignoté petit à petit tout le temps que nous avions sur place, ne nous laissant que peu de moments pour arpenter la ville.

Nous avons tout de même prévu d’aller voir le spectacle sur lequel Paul travaille, King Kong, qui se joue au Regent Theatre. La salle est grande, l’espace entre les rangées laisse toute la place d’étendre ses jambes… ce n’est pas comme au Casino de Paris ! ;) Le noir se fait dans la salle et le spectacle commence. C’est une version assez modernisée de King Kong et il aura fallu près de 7 ans de création, à grand renfort d’effets vidéos, de fumée, de lumières et d’animations, pour que le spectacle prenne forme. Pas moins de 6 mois ont été nécessaires à l’installation du décor et du fameux gros singe dans la salle, un temps incroyablement long pour ce genre de production… Mais effectivement, aux premiers mouvements de King-Kong, il faut dire que c’est assez bluffant. Cette marionnette géante, commandée par toute une série de câbles, de filins et par 11 marionnettistes tout de noir vêtus, semble véritablement prendre vie et est assez convaincante ! Pour le reste, ça reste du gros spectacle assez sommaire, certes très bien léché, mais disons que les moyens ont plus été mis dans le singe que dans le scénario !

Le meilleur pour nous aura sans doute été la visite que nous offre Paul après le spectacle. Nous passons derrière le rideau et Paul fait office de guide à travers tout le théâtre, commençant par les dessous de scène où se planquent nombre d’accessoires, avant de monter ensuite sur scène et de voir tous les costumes et l’organisation de tout ce beau petit monde dans les coulisses… et surtout, nous avons le droit de prendre une photo avec LE singe ! Admirez par vous-même.

Melbourne 21

Après un très bon cocktail dans un bar du coin, nous filons dans un très bon restaurant chinois que Paul a dégotté. Une soirée très sympa mais c’est déjà le dernier jour où nous pourrons voir Paul, celui-ci travaillant d’arrache-pied tous les jours. Ce fut trop court, mais quand même vraiment bien de le revoir ces courts instants.

 Le départ, déjà…

Nos trois derniers jours à Melbourne sont un peu un marathon, entre voir les derniers copains que nous connaissons sur place : Nigel et sa femme Amanda, qui nous a été d’une précieuse aide au moment de l’achat du 4×4 et durant nos déboires mécaniques. Dan, un copain rencontré lors du Mongol Rally qui habite également ici et que nous sommes bien contents de revoir après tous ces kilomètres parcourus ensemble. Lui se prépare à rejoindre la Tasmanie en kayak depuis le continent australien… une sacrée aventure ! Nous passons aussi beaucoup de temps à discuter avec Mike et Helen et à jouer avec leurs garçons, Jack et Albert, de sacrés joyeux lurons !

Il nous faut malheureusement déjà refaire nos sacs. Ces 12 jours à Melbourne ont été bien remplis mais nous avons l’impression de n’avoir rien eu le temps de faire, ou tout du moins pas ce que nous aurions voulu… On entretenait l’espoir de rattraper notre retard sur le blog mais ce ne sera pas encore pour cette fois. On pensait avoir réglé les préparatifs pour la suite du voyage mais alors que j’écris ce message depuis Valparaiso, 2 mois plus tard, ce n’est qu’en partie terminé… Bref, le temps a filé bien trop vite mais nous sommes tout de même contents d’avoir pu nous poser au même endroit pendant plus de 3 nuits ! Mike et Helen ont vraiment été super et le seront encore plus par la suite car malheureusement, ce que nous redoutions le plus arriva : nous devons partir alors que notre voiture n’est toujours pas vendue. Ce qui veut dire que ce sera à eux de s’en occuper, ce qui n’est jamais très agréable. Mike nous accompagne à l’aéroport, bien content d’avoir hébergé 2 frenchies pendant quelques jours, une bonne occasion pour lui de dérouiller son français : ”Oh la vache, putain !”

PS : Pour clore cette histoire de voiture, Mike aura réussi l’exploit de vendre notre carrosse au prix que nous voulions, une dizaine de jours après notre départ. Le suspense aura été à son comble jusqu’à la fin, la personne voulant l’acheter ayant eu le même problème de perte de puissance lors de son essai sur l’autoroute ! Mike aura donc du aller faire régler le problème une bonne fois pour toute chez un mécano, qui trouvera le problème rapidement. Heureusement, ce n’était pas trop grave et c’était quelque chose au niveau du turbo qui s’était à priori débranché… Rageant de ne pas savoir quel était exactement ce problème mais l’essentiel c’est que Titine vogue de nouveau sur les chemins d’Australie… et que nous ayons récupéré nos 7800 $ ! Une voiture à 100$, c’est pas mal non ? :)

Une réponse à Les graffitis de Melbourne

  1. Samuel

    Vous êtes trop fort. Une voiture acheteé et revendue sans votre présence ! Je pense qu’il y a un buisness à étudier de ce côté ! :)

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