Les fous du désert de Coober Pedy

Breakaways 00
Jour 171 à jour 172
du lundi 30 au mardi 31 décembre 2013

Bienvenue sur la planète Tatooine… ou la planète Mars, si vous préférez ! Ici les paysages vous font carrément voyager sur une autre planète : canyons aux teintes orange, pierre de sable (sandstone), végétation aride, paysages lunaires à perte de vue… Nous sommes arrivés en South Australia !

La plaine lunaire de The Breakaways

Difficile de croire qu’ici, il y a 70 millions d’années, se tenait la mer intérieure d’Australie. En se retirant (ou en s’évaporant), la mer a laissé place à ces « mesas » (hauts plateaux à sommets plats) dans l’un des coins les plus arides de la planète. La vue sur la vallée des Breakaways est époustouflante. Ces collines colorées faisaient autrefois partie de la chaine des Stuart Ranges, mais elles s’en sont depuis séparé (to break away, en anglais), d’où leur nom ! Depuis le lookout où nous nous tenons, nous pouvons observer « Sel et Poivre » à l’est et « Panorama Hill » au milieu. Nombre de films ont été tournés dans cette vallée, dont Mad Max (bien sûr!) et Ground Zero. D’ailleurs, il reste encore ici et là des reliques de film abandonnés aux quatre vents. Au cours de la journée, la lumière du soleil joue avec les teintes rougeoyantes et offre un spectacle surréaliste.

Coober Pedy, capitale mondiale de l’opale

Mais la véritable attraction du coin, c’est bien évidemment la ville minière de Coober Pedy ! Il s’agit d’un petit village de pas plus de 2000 habitants à 845 Km au nord d’Adélaide, la ville la plus proche (oui, imaginez !). Ici, le sol regorge de magnifiques opales et il n’a pas fallu longtemps après la découverte de la première pierre précieuse par hasard en 1915 pour que la ville voie le jour. Depuis, Coober Pedy est devenue la capitale mondiale de l’opale. Mais ici, n’oublions pas que nous sommes en plein milieu d’un des déserts les plus inhospitaliers de la planète et l’été, durant la journée, la température au sol peut dépasser les 65°C ! La plupart des habitants se protègent donc de la chaleur dans leurs habitations troglodytes qu’on appelle les « dugouts », souvent creusées à la main ou dans d’anciennes mines reconverties et qui restent fraîches (aux alentours de 25°C) toute l’année.

À Coober Pedy, n’importe qui peut devenir mineur d’opale ! Les grosses corporations sont interdites (sauf les mines historiques) et seuls les individus peuvent acheter en leur nom propre un petit permis (pas très cher) pour se mettre à creuser le sol à l’aide de pioches ou d’outils (et parfois d’explosifs). Il ne faut parfois pas creuser bien longtemps pour trouver des morceaux d’opale mais les plus gros filons sont bien sûr un peu plus rares et plus profonds. Et si vous voulez creuser à mains nues sans pioche, sans pelle ou sans aucun outil, aucun permis n’est requis ! Du coup, il peut être dangereux de se balader dans le coin sans regarder où on met les pieds, car les entrées des mines ne sont pas toujours signalées et il n’est pas rare que quelqu’un, faisant un pas en arrière pour prendre une photo, tombe dans un profond trou et se casse une jambe. Un véritable gruyère (enfin, emmental…) !

Nous visitons la Old Timers Mine, la plus ancienne des mines creusée à la main en 1916, où nous apprenons tout sur l’histoire de la ville, sur la mine d’opale et son fonctionnement. Bien sûr, les pioches étaient largement utilisées au début du siècle, tout comme les explosifs. Mais plus récemment dans les années 70, les habitants de Coober Pedy ont inventé d’étranges machines : les « blowers » (souffleurs). Ces camions sont en fait de géants aspirateurs ! Ils aspirent tout à l’intérieur des tunnels où des explosifs viennent d’être déclenchés : pierres, poussière, fumée, gaz et ils recrachent le tout à la surface, laissant derrière eux des petits tas coniques de débris… Il n’y a plus qu’à faire le tri à l’air libre. Ingénieux, bien qu’un peu violent…!

Dans la Old Timers Mine, nous visitons aussi les dugouts des mineurs de l’époque (dont l’un a tellement creusé pour agrandir son salon qu’il est tombé dans la chambre de son voisin !). Notre guide nous quitte après la visite avec ce petit avertissement : « Attention, à Coober Pedy, à cause de la chaleur, ne vous y trompez pas… nous sommes tous fous ! ». Nous farfouillons quelques minutes dans un « noodle pit » devant la mine (il y en a plusieurs disséminés en ville) où des morceaux de roche rejetés par les blowers sont entreposés en tas : si vous y trouvez de l’opale, vous pouvez la garder, c’est à vous ! Jordane récupèrera un petit morceau iridescent, mais de là à dire que c’est de l’opale, ce n’est pas gagné…

Coober Pedy, c’est donc la ville sous terre par excellence, que ce soit dans l’espoir de devenir riche ou pour s’abriter de la chaleur… mais aussi pour célébrer tous les cultes possibles… dans des églises souterraines. Nous visitons une église orthodoxe serbe impressionnante de l’extérieur comme de l’intérieur ! Un peu de fraîcheur bienvenue par des températures pareilles… Aujourd’hui, à Coober Pedy, il fait 48°C !

Ce soir, c’est le 31 décembre et nous célébrons notre repas de réveillon en avance en nous offrant la MEILLEURE pizza de Coober Pedy (et c’est la brochure de l’office du tourisme qui le dit). Et même si elle n’est pas exceptionnelle, c’est un vrai repas de fête pour nous, car ça nous change des pitas-avocat du midi et des pâtes du soir ! Comme nous n’arrivons pas à tout manger, nous gardons quelques parts mais vu les températures extérieures, elles finissent de cuire dans leur carton à notre insu et lorsque nous les sortons le lendemain, ce n’est plus qu’un morceau de bois totalement déshydraté !

2 réponses à Les fous du désert de Coober Pedy

  1. Les globe trotteurs

    Trop énorme cette ville! Surtout l’église! Bravo aux reporters ! Vous assurez!!

    • Jordane

      C’est MON COUP DE COEUR de l’Australie, ce sont juste des fous furieux :D Un vrai Mad Max cet endroit !

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