La « Great Ocean Road », la route de l’océan

12 Apostles 00
Jour 179 à jour 182
du mardi 7 au vendredi 10 janvier 2014

Ça y est, nous ne sommes plus très loin de Melbourne où nous avons hâte de retrouver Mike et Helen et leur petite famille, des amis de Rodolphe qu’il n’a pas vus depuis longtemps ! Mais avant cela, nous profitons de nos quatre derniers jours de découverte de l’Australie à bord de Titine pour emprunter la mythique Great Ocean Road, la route de l’océan. Elle longe la côte sud-est de l’Australie pendant 240 km et offre de magnifiques points de vue sur le Détroit de Bass et les falaises et plages qui ponctuent le chemin.

Childers Cove

Nous arrivons en fin d’après-midi à Childers Cove, une plage assez prisée des touristes, protégée de la mer par de jolies falaises. Mais en cette heure tardive, il ne reste pas grand monde sur place, à part deux jeunes qui se sont perchés en haut d’un rocher. Bon, il n’est pas autorisé de camper sur place mais… au diable ! Nous avançons un petit peu pour masquer Titine derrière de grands arbres – à l’abri du vent cette fois – et montons le camp pour la nuit. Lorsque nous avons fini, le soleil est tout juste en train de se coucher et nous grimpons rapidement sur un chemin qui surplombe la falaise et la plage. Nous sommes aux premières loges pour le spectacle. Les couleurs du ciel sont  incroyables et nous assistons à l’un des plus beaux couchers de soleil que nous ayons vu en Australie…

Bay of Islands

Le lendemain matin, nous nous remettons en route assez tôt (pour éviter de nous faire prendre par un ranger…) : au programme aujourd’hui, nous arrêter sur tous les points de vue possibles de la Great Ocean Road ! Notre première étape nous conduit à la Baie des Martyrs d’où nous pouvons voir la côte et les îlots déchiquetés par le temps et les vagues, des falaises de calcaire rouge de plus de 10 m de haut. Nous faisons une courte marche vers Halladale Point où nous découvrons quelques plages cachées au cœur des falaises.

The Grotto

Près de Port Campbell, nous nous arrêtons cette fois à The Grotto, une caverne au niveau de l’eau à laquelle on accède via des marches en bois. Il s’agit d’ailleurs plus d’une arche que d’une grotte et on distingue à marée basse (comme ce matin !) la mer par-delà une petite piscine naturelle qui s’est créée au pied du gouffre.

London Bridge… oups, London Arch

Notre prochain arrêt quelques kilomètres plus loin est pour jeter un coup d’œil au London Bridge…pardon, au London Arch ! Et oui, cette formation rocheuse tenait son nom de sa ressemblance au London Bridge de Londres mais il s’est effondré le 15 janvier 1990, emprisonnant d’ailleurs quelques touristes sur son toit pendant plusieurs heures avant qu’un hélicoptère ne viennent les délivrer ! Depuis, il a été renommé en London Arch, ce qui correspond mieux à son nouveau visage.

Loch Ard Gorge

Encore un saut de puce et nous nous arrêtons cette fois à la Loch Ard Gorge, où la mer s’engouffre entre les falaises de calcaire en y créant des plages abritées. Un endroit rêvé pour des pirates (plusieurs films y ont d’ailleurs été tournés) ! Mais comme souvent le long de la Great Ocean Road, l’histoire fait plutôt état de naufrages : le bateau Loch Ard s’est échoué ici en 1878 et les deux seuls survivants âgés de 18 ans ont trouvé refuge dans la gorge.

Les 12 Apôtres

Cinq minutes de route plus tard et nous voici à l’un des points de vue les plus emblématiques de la Great Ocean Road… les 12 Apôtres ! Ces immenses aiguilles de calcaire de près de 50 m de haut semblent surgir des flots. Malheureusement, l’érosion et le temps font leur œuvre et depuis l’effondrement d’un apôtre en 2005, il n’en reste aujourd’hui plus que 8 encore debout. Malgré leur nom (plus grandiose que « la truie et les porcelets », le nom d’origine jusqu’en 1922), on estime aujourd’hui qu’il n’y a en fait jamais eu plus de 9 pilliers ! Ils s’érodent de 2 cm par an mais la falaise donnera probablement naissance à d’autres pilliers au fur et à mesure de l’avancée de la mer…

La Great Ocean Walk, une randonnée en… 4×4 !

Le jour commence à décliner et il est temps pour nous de chercher un endroit où passer la nuit. Cette fois-ci, nous décidons de nous arrêter dans un camping « officiel » et grâce à Camps – notre guide préféré des campings d’Australie – nous en trouvons un non loin, au bord de la grande plage de Johanna Beach. Pour rejoindre ce camping depuis les 12 apôtres, nous devons suivre la Great Ocean Road un moment jusqu’à la ville de Lavers Hill avant de bifurquer plein sud : un petit détour ! À mi-chemin de Lavers Hill, Rodolphe s’arrête et zoome autant que possible sur la carte que nous avons sur l’iPhone. Il confirme avec ses cartes papiers quelques instants plus tard : il y a une petite piste qui coupe à travers champs et qui atterrit directement sur Johanna Beach ! Vous nous connaissez maintenant et vous vous doutez que nous n’hésitons pas un seul instant à faire demi-tour.

Comme pour la Bridle Track, nous suivons une petite route peu indiquée et à l’entrée de la piste, nous tombons sur un panneau qui précise qu’il faut laisser les portillons dans l’état dans lesquels nous les trouvons. Un petit panneau à côté aurait du nous mettre la puce à l’oreille : « Prenez garde aux marcheurs ». Mais nous n’y prêtons pas attention et entamons l’ascension de la colline, ça grimpe sec ! À notre droite, le soleil est en train de se coucher au-dessus de l’eau et à notre gauche, nous longeons une magnifique vallée encaissée où court un ruisseau profond. Même de si loin, nous apercevons des dizaines de grands kangourous qui descendent des collines en face pour aller s’y abreuver. La vue est magnifique. Mais de notre côté, la piste devient de plus en plus compliquée à manoeuvrer. Nous atteignons le sommet de la colline où un petit banc de bois surplombe la falaise, offrant une vue spectaculaire sur Johanna Beach plus bas. Jordane part devant en exploration : elle s’enfonce dans un petit bois où le mystère est résolu : nous avons atteint un camping uniquement accessible… par la marche ! Nous vérifions sur nos cartes. Ha… Great Ocean Walk… c’est donc un sentier de randonnée ?! Tant pis, il est trop tard pour faire marche arrière, nous devons continuer ! Nous nous rassurons en nous disant qu’il y avait des traces de passage de véhicules dans l’herbe et que rien ne précisait que les voitures étaient interdites mais nous sommes… perplexes. Les traces sur l’herbe commencent à disparaitre et la boue a creusé de profonds sillons. Même à pied, le chemin est corsé ! Rodolphe est obligé de sortir de la voiture pour estimer la hauteur des trous et décider où poser les roues…

Mais nous finissons par y arriver ! La descente de la colline se fait en douceur, même si les pneus sont intégralement recouverts de boue et que leur côté a souvent frotté contre le bord des sillons. Nous arrivons au dernier portillon qui donne directement sur le camping : c’est en effet le début officiel de la Great Ocean Walk … On ne vous raconte pas la tête des campeurs déjà installés lorsqu’ils réalisent que nous venons de débarquer via le chemin de randonnée. Nous gardons la tête haute, l’air décontracté, comme si tout était normal !

Johanna Beach

Le camping de Johanna Beach a été pris d’assaut par les vacanciers (il faut dire que nous sommes au milieu de l’été et des vacances scolaires dans l’hémisphère sud). Depuis le début de notre périple, nous n’avons jamais vu un camping aussi rempli ! Alors puisque nous nous sommes déjà fait remarquer avec notre arrivée fracassante, autant y aller franchement : nous faisons fi des emplacements ordinaires (dont aucun n’est disponible) et nous garons directement devant l’escalier qui mène à la plage un peu en contrebas. Pas sûr qu’on ait franchement le droit de rester ici, mais nous n’allons pas rebrousser chemin après une si belle aventure ! Nous gardons notre air décontracté et déplions la tente d’où nous avons une vue magnifique sur la mer… Les autres vacanciers ne peuvent pas en dire autant ! À notre grande surprise, notre voiture et notre culot nous attirent la sympathie des campeurs et nombre d’entre eux viennent discuter avec nous. Ils sont pour la plupart intrigués par notre tente de toit et certains y grimpent pour voir à quoi ça ressemble de l’intérieur. Tous sont conquis !

Ce qui nous ramène à la dure réalité… Nous quittons l’Australie dans une quinzaine de jours et nous devons nous séparer rapidement de Titine, malgré ses incroyables, bons et loyaux services. Nous avons appris quelques jours plus tôt que Mike et Helen, un temps intéressés par notre 4×4, ne peuvent finalement plus nous l’acheter et il nous faudra mettre une annonce en ligne une fois que nous aurons internet. Mais ça ne nous est pas arrivé depuis très longtemps ! Alors pour le moment, nous écrivons notre mini-annonce sur des feuilles de papier que nous scotchons aux fenêtres arrière et sur la vitre du coffre. Pour la première fois depuis trèèèèès longtemps, nous ne dînons pas seuls ! Nous sympathisons avec Bart – un comédien belge flamand en road trip comme nous qui compte s’installer à Melbourne – qui a décidé de nous imiter en se garant près de nous. Grâce à lui, nous mangeons des légumes frais (des courgettes !) que nous incorporons à notre plat favori : gnocchis au fromage fondant et steaks de kangourous (ça tombe bien, y’en avait trop pour nous !). Nous arrosons le tout d’Amarula, l’alcool sud-africain préféré de Rodolphe, que Bart ne connaissait pas, à l’instar de beaucoup de monde. Une super soirée ! Nous n’avions pas croisé âme qui vive pendant des semaines !

Marcher à la cime des arbres

Après une bonne nuit de sommeil, nous reprenons la route vers le nord pour passer quelques heures en pleine nature au Otway  Fly Tree Top Walk. Cette petite balade d’environ une heure prend place au sommet des immenses arbres de la forêt tropicale / tempérée, à plus de 30 m de haut. C’est la plus longue et la plus haute des balades dans la canopée au monde ! Au sol, une petite balade « préhistorique » nous permet de rencontrer quelques dinosaures au détour d’une fougère.  En montant dans la tour en spirale au milieu du parcours, on arrive à plus de 45 m de haut mais les arbres alentours continuent de nous dépasser allègrement. Le « Tremplin », l’un des bras de la tour, semble même flotter dans le vide et se balance doucement à 30 m de haut au gré du vent. Une vue imprenable sur la forêt !

Les koalas du Cap Otway et camping à Blanket Bay

Notre tour de la Great Ocean Road ne serait pas complet sans faire un tour du côté du cap Otway, le point le plus au Sud de l’Australie. Et c’est sur ce petit bout de route que nous assistons à un spectacle étrange : des voitures sont arrêtées au beau milieu de la route et leurs occupants en sortent, les doigts pointés vers les eucalyptus. Des koalas sauvages !!! Jordane est extatique, elle redoutait de ne pas en voir en pleine nature, le voyage touchant bientôt à sa fin. Heureusement que les autres voyageurs les ont repérés pour nous car ces animaux sont très discrets et se fondent merveilleusement bien dans les feuillages. Jordane était à l’aguet depuis le Mount Eccles, en vain, alors qu’en général pas une fourmi ne lui échappe…

Nous prenons quelques photos au zoom de ces peluches à l’air sympathique mais un peu trop loin et haut dans les arbres, lorsque nous remarquons qu’en fait, juste derrière nous, dans le creux d’un arbre, une maman koala et son bébé sont en train de nous observer ! Ils sont si proches qu’en tendant la main on pourrait les toucher (ce que nous ne faisons pas, bien sûr). Dans l’arbre d’à côté, toujours aussi près du sol, un koala mâle se met à « chanter » : il bascule la tête en arrière et pousse plusieurs cris gutturaux brefs très graves suivi d’un long cri ! De loin, on pourrait confondre avec le bruit d’une moto qui démarre… Selon notre ami Wikipédia, ce serait soit un cri de parade, soit un cri territorial. Il faut dire que maintenant que nous les avons repérés, nous remarquons qu’ils sont vraiment très nombreux !

Nous reprenons la route en évitant soigneusement les voitures des autres touristes qui, un peu stupides, s’arrêtent vraiment d’un coup sec au milieu de la chaussée, sans prendre la peine de se garer sur un côté. D’autres roulent à si faible vitesse qu’ils créent des bouchons sur cette petite route pas vraiment passante. Les klaxons retentissent… et nous nous éloignons à grande vitesse. Nous rejoignons Blanket Bay, un petit camping un peu particulier : pour y passer une nuit, il faut participer à une loterie qui a lieu des mois en avance car les places sont limitées. Mike et Helen nous ont prévenu que Dexter, un de leurs amis (et ancien boss de Rodolphe) y était justement ce soir-là et nous y passons pour lui faire un petit coucou. Nous faisons le tour du camping à sa recherche quand Rodolphe croit reconnaître sa voiture. Bingo, c’est bien lui, accompagné de toute sa petite famille ! Nous avons de la chance, l’emplacement à côté de celui de Dexter s’est libéré le matin même mais est payé jusqu’à la fin de la semaine. Nous demandons à la ranger qui s’occupe des lieux si nous pouvons y passer la nuit et elle n’y voit aucun inconvénient. Nous passons donc la soirée avec Dexter, sa famille et leurs amis et nous nous réunissons autour d’un énorme feu de camp. Nous y faisons la connaissance de Wombat et Emu et de leurs épouses, deux personnages hauts en couleur avec qui nous discuterons de l’Australie une bonne partie de la nuit. La compagne de Emu a été prévenue par sa mère qu’il y avait une grande chance que nous voyions des aurores australes ce soir (l’équivalent des aurores boréales mais dans l’hémisphère sud), du côté de l’Antarctique plein sud. Nous guettons, guettons, guettons…en vain, quel dommage ! Au lendemain matin, ceux qui ont guetté toute la nuit nous rassurent : ils n’ont rien vu non plus…

Un peu tristes, nous replions notre campement… C’était notre dernière soirée de camping avec Titine ! Ce soir, si tout va bien, nous serons à Melbourne… Si tout va bien !

5 réponses à La « Great Ocean Road », la route de l’océan

  1. Les globe trotteurs

    WWWWAAAOUUHH! Subjugués par vos photos!! Trop mimis les koalas! Et cette côte!! bref, pas de commentaire, ça se regarde…

    • Jordane

      Oui, j’en aurai bien planqué un discrètement dans mon sac à dos ! De vraies peluches !!

  2. Samuel

    Oh ils sont mimis ! ^_^

    • Jordane

      Ouiiiiiiiii ! Le petit bout de chou et sa maman koala, ça ferait fondre le coeur de l’homme de glace, j’suis sûre !

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