Jet Boat sur la Dart River !

Dart River Jetboat 00
Jour 205 à jour 206
du dimanche 2 au lundi 3 février 2014
Queenstown, la ville-adrénaline

En ce dimanche matin et toujours sous un très beau soleil, nous prenons la route pour Queenstown, la petite ville de Nouvelle-Zélande où a vu le jour le bungee-jumping (où comment s’attacher à un élastique et sauter dans le vide du haut d’un pont, un passe-temps pas vraiment recommandé aux âmes sensibles). Depuis, la ville attire tous les aficionados d’adrénaline et ne cesse d’inventer de nouvelles expériences aussi incroyables que – avouons-le – un peu stupides : des sauts à l’élastique de plus en plus hauts (47m, 134m, une hauteur entre les deux ? Vous choisissez!), du héli-biking (un hélicoptère vous dépose au sommet d’une montagne que vous descendez à vélo), du shotover (on vous propulse la tête à l’envers, dans une chaise, en marche arrière… dans une chute libre à 60m à plus de 150km/h), du saut en parachute, du rafting, les défis ne manquent pas ! Les touristes qui atterrissent ici ont d’ailleurs souvent envie de s’essayer à des expériences folles qu’ils n’auraient jamais tenté auparavant…

Nous nous arrêtons donc quelques instants à Queenstown qui reste une très jolie ville en bord de lac, bien que très animée. Nous flânons dans les boutiques de souvenirs où nous trouvons de très beaux tee-shirts à inscriptions assez design ou… carrément beauf (« L’opossum, le petit dos d’âne de la Nouvelle Zélande! » avec un petit dessin d’un pauvre petit opossum écrabouillé sur la route…un grand classique!). Mais nous ne sommes plus en Thaïlande où tout était abordable voire carrément donné et nous repartons bredouilles…nous disant, une fois de plus, que nous commanderons un jour sur Internet tel ou tel item trop encombrant ou trop cher pour le moment. Je ne vous raconte pas en rentrant le shopping en ligne qui nous attend ! :D Mais comme bien évidemment nous ne notons rien de ces souvenirs-coups-de-coeur-laissés-sur-le-carreau…il y a de fortes chances que nous ayons oublié d’ici là.

Glenorchy, village intemporel au pied des montagnes

Nous reprenons la route, ravis d’échapper à la marée humaine (nous sommes au beau milieu des vacances d’été de l’hémisphère sud, ne l’oubliez pas) et nous nous dirigeons vers Glenorchy, un petit village de la taille d’un timbre-poste au bord de la Dart River, 70km plus loin. Ce sera l’antidote parfait à Queenstown ! La route qui nous y conduit est sublime : les montagnes sont majestueuses, le lac Waikatipu lisse comme un miroir. Nous faisons plusieurs pauses le long du court trajet pour apprécier au mieux la magie du paysage.

Nous arrivons en ville un peu avant 14h et nous avalons en 4ème vitesse un sandwich au joli pub (le seul!) du village où – nous l’apprenons un peu plus tard dans l’après-midi – Hugh Jackman aime à déjeuner lors des multiples tournages qui l’amènent dans le coin (le film Wolverine, notamment). Il faut dire que ce petit village a vraiment des allures de paradis, entre la somptueuse chaîne de montagnes des Remarkables qui se reflète sur la Dart River, la forêt enchantée qui la borde et les champs et les fermes intemporelles des alentours. Ici, le temps a l’air de s’arrêter et ce n’est pas désagréable !

Des 360° qui décoiffent sur la Dart River

Mais pour nous, il est temps de nous rendre à Dart River Safaris (la baraque à côté du pub) où nous sommes attendus pour une après-midi de jet boat. Vous ne croyiez tout de même pas que nous allions rester sages ?! On enfile les sacro-saints gilets de sauvetage, on saute dans le petit bus qui nous emmène 400m plus loin sur un ponton au bord de la Dart River où nous découvrons les jet boats : de petits bateaux à propulsion si particulière qu’ils sont capable de remonter le lit des rivières même si leur profondeur avoisine les 8 cm !! Cette invention incroyable dont descendent les jet-skis (nous explique un panneau explicatif à l’agence) a été inventé pour cette rivière en particulier en 1954 par Sir Williams Hamilton et a permis en 1960 d’enfin remonter le Grand Canyon du Colorado par voie fluviale, ce qui n’avait jamais été réalisé auparavant.

Nouvel an chinois oblige, nous sommes très nombreux et nous avons droit à deux jet boats pour la peine. Malins, nous nous installons en tout premier dans le second bateau et prenons place aux premières loges, tout à l’avant. A notre gauche, Cliff, notre pilote du jour. Nous avons une vue imprenable! Rod fixe sa Go Pro sur la droite de la coque, prenant bien soin de l’assurer de sa petite cordelette qu’il garde autour du poignet pour la récupérer en cas de chute. Il faut dire que le jet boat peut aller jusqu’à 90 km/h ! Nous écoutons les consignes de sécurité, faisons quelques mètres et un petit demi-tour devant le ponton pour la traditionnelle photo-souvenir et commençons à nous mettre en route. Quelques mètres plus loin, nous voyons Cliff faire un petit moulinet de la main et nous nous agrippons aux barres de sécurité : 360° à pleine vitesse imminent ! Cliff est un pilote hors pair, nous glissons sur le lac miroir, amorçons le 360°, nous accrochons très fort, sommes éclaboussés par notre propre vague lors du formidable tête à queue… grisant !

Nous poursuivons notre remontée de la Dart River en direction de Paradise, un petit coin secret dans les montagnes. Nous avons droit à de nombreuses pauses photo en route (et à quelques autres 360° au passage) et comble de la chance, le temps est toujours aussi splendide. Le lit de la rivière est si peu profond que l’on sent les graviers rouler sous nos pieds (certains frappant la coque avec un bruit effrayant)… c’est incroyable ! Comment diable cet engin fonctionne-t-il ? Suite à un glissement de terrain d’un flanc de montagne trois semaines plus tôt, l’eau est blanchâtre par endroits, saturée de sédiments (ce qui n’est pas forcément moche, d’ailleurs!). À d’autres, elle retrouve sa clarté habituelle et le spectacle est saisissant : cette eau qui vient directement des glaciers un peu plus haut est tout simplement turquoise / translucide. C’est indescriptible. Non, la couleur de l’eau n’a pas été retouchée sous Photoshop. Et elle est si claire qu’on croirait flotter en l’air ! Nous sommes estomaqués.

Nous glissons à la surface de l’eau pendant deux bonnes heures, nous arrêtons au pied d’une cascade asymétrique qui coule sur un petit pan de falaise, nous émerveillons devant les belles montagnes et tentons enfin de nous glisser aussi près que possible près du Chasm, un petit passage étroit entre de grandes pierres, franchissable uniquement en canoës (à qui nous laissons la place quelques minutes plus tard). Il parait qu’une fois le Chasm franchi, l’endroit caché derrière est idyllique. Et vu la couleur de l’eau juste sous nos pieds, on veut bien le croire et on se met à jalouser ces satanés canoës ! (Pour la petite histoire, nous voulions au départ faire l’excursion jet boat + canoës mais il n’y avait plus de place avant la semaine d’après…)

Secrets de tournage de films…comme souvent en Nouvelle-Zélande !

Après un temps qui nous parait trop court, nous devons quitter le jet boat. Mais nous ne rentrons pas à Glenorchy pour autant. Avant cela, nous avons droit à une petite balade d’une demi-heure dans le bois de Glenorchy. Nous nous promenons sous la voûte ombragée où nous découvrons d’immenses arbres. Certains troncs sont creux et on peut s’y glisser ! La forêt respire les contes de fées et notre guide nous apprend qu’ici même de nombreux films ont été tournés. La Nouvelle Zélande est vraiment la destination préférée des cinéastes… et en fait, il est facile de comprendre pourquoi ! Nous passons devant le fauteuil en bois abandonné au milieu de la forêt de je-ne-sais-plus-quel-roi-troll du Hobbit (sur lequel nombre de nos amis américains se font photographier, nous avons peut-être raté quelque chose), arpentons une clairière où a été tourné de nombreux passages des chroniques de Narnia et nous recueillons quelques micro-secondes près de la souche où a été assassiné Boromir, transpercé de nombreuses flèches (le Seigneur des Anneaux).

Nous montons dans un bus 4×4 pour rejoindre Glenorchy une dizaine de kilomètres plus bas. En quittant les rives de la Dart River, nous croisons le second bus de nos compagnons asiatiques qui s’est lui embourbé au milieu des galets blancs. (Mais pas de panique, un 4×4 est déjà en train de s’y harnacher pour le treuiller hors des ornières qu’il s’est créé tout seul). Nous traversons un petit bras de rivière qui s’était égaré et le paysage est vaguement familier, avec ces hautes montagnes en arrière plan. Quelques minutes plus tard, le bus s’arrête et notre guide nous fait signe de le suivre dehors. Là, il sort des photos A4 plastifiées du décor derrière nous : mais oui, nous étions au milieu de la carrière des orcs de Saroumane (Hum, je suis un peu rouillée sur le Seigneur des Anneaux, je crois qu’il s’agit d’Isengard) ! Certes, il faut un peu d’imagination (et de retouche numérique) pour s’y croire mais c’est bien ici qu’ils ont construit la miniature (pas si miniature, 12m de haut) de la tour de Saroumane.

Cette vallée a en fait figuré dans une multitude de films, de pubs, de documentaires. Le Seigneur des Anneaux donc, mais aussi Wolverine et bien d’autres dont j’ai oublié le nom. Je crois que l’exemple qui m’a le plus choqué est celui d’une pub Milka et de sa vache violette. Et oui, plutôt que de tourner ça dans les Alpes ou en Suisse, ils sont venus jusqu’à ce petit village paumé à l’autre bout de la planète (plus de 24h d’avion, ALLER) pour y tourner un spot de pub de 30s ! Nous voyons passer d’autres pubs, principalement pour des voitures. Nous remontons dans le bus et passons près d’une falaise très escarpée sur notre gauche : « Ha, oui, ici Red Bull (ou Go Pro?) a tourné un spot avec un champion de base jump. Personne n’avait jamais tenté l’exploit ici, le mec saute, parfait, il ne se rate pas mais arrivé en bas, il apprend que les caméras ne tournaient pas ! Pas fou, il propose de recommencer…en demandant en plaisantant d’être à nouveau payé pour sa cascade (sans y croire), ce qu’ils acceptent sans hésiter… Et au final, il faudra pas moins de 17 prises ! Malin, le loustic ! »

La cascade cachée de Glenorchy

Lessivés mais heureux, nous retrouvons notre van une demie-heure plus tard (après avoir une fois de plus mémorisé discrètement le code inscrit sur les photos hors de prix…et les avoir téléchargées discrètement sur leur site web dans la foulée!). Hors de question de rentrer dormir à Queenstown ce soir et alors que le soleil commence lentement à décliner, nous suivons de petits panneaux assez discrets qui indiquent un emplacement de Free Camping (pour peu qu’on possède un van complètement « self-contained » – c’est-à-dire eaux usées et eaux grises conservées dans de grands réservoirs, ce qui est notre cas). Nous sommes bien évidemment les seuls dans le coin et nous avons une jolie vue sur le lac derrière nous. C’est un peu compliqué de se garer pour qu’on puisse dormir confortablement : le sol n’est pas vraiment terrassé et nous avons soit la tête en bas, soit nous penchons du côté droit ou gauche. Après vingt minutes de manoeuvre, on est pas mal !

En sortant de la voiture, nous entendons un glouglou et un brouhaha persistants. Nous nous sommes bien garés à quelques mètres d’une rivière agitée, mais ce n’est pas ça. En cherchant bien, nous remarquons un tout petit chemin qui s’enfonce dans les broussailles. Nous escaladons quelques gros cailloux, poussons quelques ronces, nous arqueboutons sous des branches et une très belle cascade finit par apparaître devant nous. Il n’y avait rien pour l’indiquer, c’est vraiment un coup de chance ! Nous nous rafraichissons les petons dans cette eau glacée avant de rejoindre notre campement pour la nuit. Et devinez quoi, au menu ce soir…du riz Uncle Ben’s agrémenté d’une quantité indécente de cheddar fondu, ce qui donne une pâtée délicieuse mais à l’aspect peu ragoûtant !

Les lacs de Wanaka

Le lendemain matin, nous flânons un peu au bord du lac Wakatipu avant de reprendre la direction de Queenstown, puis d’Arrowtown. Là, nous prenons une petite route sinueuse de montagne (comme toujours!) et franchissons au passage le plus haut col de Nouvelle-Zélande accessible en voiture, sur la Crown Range Road… Mais à pas plus de 1076 m, nous sommes un peu déçus après les 4500m et des poussières des montagnes du Pamir au Tadjikistan ! Nous longeons ensuite le lac Wanaka et nous arrêtons pour déjeuner au bord du lac Hawea où nous nous offrons même le luxe de sortir les chaises pliables du coffre pour profiter du beau soleil… Mais bien vite, nos wraps-avocats-cheddar engloutis (comment ça, nous sommes monomaniaques?) nous nous remettons en route vers les glaciers et la côte Ouest…

2 réponses à Jet Boat sur la Dart River !

  1. Mam

    Qu’est-ce qu’une « cascade asymétrique » ???
    la couleur de ces lacs est …. bbbrrrr …… glaciale ! mais si belle.

    Bisous
    mam

    • Jordane

      Oups, je me suis peut-être un peu emportée en la décrivant comme telle, ha ha, c’est vrai que ce n’est pas très clair ! :D Ce que je voulais dire, c’est qu’elle prend sa source en haut à droite et que l’eau suit tout un dédale contre la pierre avant d’enfin finir tout en bas à gauche… Ça me rappelle les pistes de cascade à billes que l’on avait enfants !

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