Croisière dans les Whitsunday Islands

Scenic flight Whitsundays 00

Jour 151 à jour 157
du mardi 10 au lundi 16 décembre 2013

Nous voici donc de retour sur la terre ferme, avec notre beau 4×4 tout beau tout propre après 5 jours de sable et d’océan. Pas le temps de souffler, nous devons déjà nous remettre en route vers notre prochaine destination plus au nord : Airlie Beach, base de départ pour explorer les cristallines Whitsunday Islands, où nous sommes attendus très bientôt pour de bien belles excursions en mer et dans les airs…

Rodolphe vs le frigo, round 2

Sur la route, nous nous arrêtons à Hervey Bay en milieu d’après-midi. Rodolphe y a rendez-vous avec sa banque australienne pour récupérer une nouvelle carte bleue (la sienne ayant expiré 10 jours plus tôt). Nous en profitons pour faire (encore !) une pause dans un magasin de bricolage, Rays Outdoor. Rodolphe est certes venu à bout de l’allume-cigare cassé en branchant son ingénieux montage d’un nouvel allume-cigare-multiprises directement sur la batterie mais il a besoin d’un nouveau projet : faire en sorte que notre frigo-glacière fonctionne 24h sur 24 ! Vous allez voir, c’est le fil rouge de notre périple australien… Lorsque nous roulons, nous branchons le frigo sur la batterie… mais comment faire pendant la nuit ? Le frigo est un « 3-ways », c’est à dire qu’il possède 3 modes d’alimentation : via l’allume-cigare, donc, via une prise secteur ou via… une bouteille de gaz ! Nous avions rempli la bouteille de gaz adéquate quand nous étions encore à Sydney mais il nous manquait encore le bon embout pour relier les deux. Rodolphe demande donc conseil au vendeur de Rays Outdoor qui vient vérifier avec nous et s’empresse de nous noter les dimensions exactes des tuyaux et autres régulateurs de pression qu’il nous faut. Malheureusement, il ne l’a pas en stock et nous envoie dans la boutique concurrente d’à côté trouver notre bonheur. Pour le remercier et faire un geste, nous achetons un pack de 6 bouteilles de gaz (pour notre BBQ portable) en promo à 7$. Pas de chance, dans le magasin d’à côté, où nous trouvons effectivement notre bonheur, les mêmes sont en promo elles aussi mais à… 4$ !

L’ambiance à Hervey Bay est… chaude ! Nous reprenons la route et nous arrêtons dans un fast food pour commander des boissons glacées. Nous ne sommes pas seuls à avoir eu la même idée : la queue est immense et les gens, échaudés, commencent à s’énerver. Nous quittons rapidement cette ville un peu trop électrique à notre goût après le calme de Fraser Island et continuons notre remontée vers le nord via l’autoroute.

Il commence à se faire tard, la nuit est tombée. Nous regardons avec circonspection notre guide favori : le Camps Australia 6ème édition, qui liste tous les campings et aires de repos d’Australie (et généreusement laissé là par le précédent propriétaire de la voiture). Pas de chance ce soir, il n’y a rien de bien réjouissant à l’horizon et nous campons en bord de route, sur une aire de repos, ballotés toute la nuit par les infernaux road trains (ces immenses camions à remorques aussi longs que des trains) qui font trembler les routes.

Agnes Water, le village 1770 et les étranges boites aux lettres du coin

Le lendemain matin, nous décidons de prendre un petit raccourci pour atteindre la côte. Pas envie de prendre l’autoroute aujourd’hui ! Nous nous engageons sur nos routes préférées, non-revêtues et aux gros graviers qui crissent sous les pneus. Quelques maisons bordent le chemin peu emprunté et c’est avec surprise que nous remarquons la boite aux lettres de l’une d’entre elles. Il s’agit ni plus ni moins d’un… micro-ondes ! Nous avons l’habitude de croiser des bouteilles de lait découpées ou des caisses en plastique en guise de boite aux lettres (les australiens n’ont pas l’air friands des banales boites aux lettres carrées), mais jusqu’à présent, pas d’électro-ménager ! On s’arrête pour immortaliser l’instant, on reprend la route et… incroyable mais vrai, c’est l’escalade chez les voisins ! Ici une vieille gazinière, là une machine à laver, ils ne manquent pas d’imagination dans ce coin paumé !

Nous atteignons enfin Agnes Water et la ville de 1770. Oui, c’est bien son nom ! Elle a été ainsi (re)nommée dans les années 70 pour commémorer le bicentenaire du (second) débarquement de James Cook … Ce sont de petits ports de pêche à l’ambiance calme et aux eaux d’un bleu saisissant. Nous nous y arrêtons pour déjeuner / bruncher de délicieux muffins eggs and bacon. So british !

En plein repas, nous recevons un coup de fil d’Airlie Beach… Notre excursion en bateau prévue pour le vendredi ne pourra pas se faire, elle est avancée à… demain jeudi ! Nous sommes encore à 500km d’Airlie Beach et nous nous mettons en route aussitôt. En fin d’après-midi, force est de constater que nous n’atteindrons pas la ville à temps. Coups de fil à nos autres excursions prévues, re-re-rechangement de programme, on intervertit le tout et on perd une petite journée sur notre planning mais tout rentre. Avion le vendredi et bateau le samedi !

Nous arrivons finalement à Airlie Beach en milieu de journée jeudi et passons l’après-midi à travailler sur notre site, nos photos et à regarder les beaux canards du camping Sea Breeze se dandiner sous la pluie. Ça ne présage rien de bon pour le vol en avion du lendemain matin !

La Grande Barrière de corail vue du ciel

Vendredi matin… La pluie a cessé, mais de sombres nuages cachent quand même le beau soleil. Tant pis, nous nous rendons au point de rendez-vous convenu en ville où un bus vient nous chercher et nous emmène, avec une douzaine d’autres personnes, au petit aérogare sur les hauteurs. Là, les groupes sont séparés et nous avons la chance d’atterrir (ha!) dans un petit avion où nous sommes seulement 4, le pilote en plus. Jordane prend place près du pilote sur le siège avant droit et Rod hérite du hublot gauche juste derrière le pilote. Comme ça, nous pourrons couvrir tous les angles de vue !

Nous commençons par survoler la plus grande des îles qui a donné son nom à l’archipel, l’île Whitsunday donc, où nous passons juste au-dessus des nuages, voyant s’abattre quelques averses au-dessous de nous. Nous survolons ensuite ce que nous attendions depuis longtemps, la plage de Whitehaven où l’eau, tellement pure et claire, se mêle à un sable étincelant. Malheureusement, le soleil n’est pas au rendez-vous et qui plus est, c’est marée haute (donc moins impressionnant), mais cela nous donne un joli avant-goût de la croisière en bateau du lendemain qui nous y déposera !

Le pilote nous emmène ensuite direction pleine mer… jusqu’à atteindre la barrière de corail. Là, les nuages ont disparu et nous avons une vue magnifique sur les récifs, les coraux et même sur le minuscule îlot en forme de coeur que l’on voit si souvent dans les photos de voyage autour du monde. Attention, il ne fait que 17m sur 17m et il faut être d’une précision redoutable pour le survoler … et plus encore pour le prendre en photo !

Conquis, nous profitons du paysage pendant 45 minutes, jusqu’à ce que nous atterrissions de nouveau à l’aérogare d’Airlie Beach (à ne pas confondre avec le vrai aéroport un peu plus loin). Là, les nuages noirs sont de retour. Comme on aurait aimé rester près de la barrière de corail bien ensoleillée ! Certains tours proposent des excursions à la journée mais la traversée depuis Airlie Beach en bateau prend environ 4h… soit 8h aller-retour dans la journée, sur une mer souvent agitée, c’est un peu trop ! Nous avons donc opté pour le survol en avion de la barrière et pour une croisière en catamaran vers la plage de Whitehaven le lendemain. Quant à la barrière de corail, nous irons y faire un tour dans quelques jours, mais depuis Cairns, où elle sera beaucoup plus proche.

Nous passons la fin d’après-midi du vendredi, de retour dans notre fameux camping Sea Breeze (assez grande classe, avec de véritables salles de bains privatives !), de nouveau sous la pluie, à nous battre contre les énormes taons qui sont de sortie et qui sont, les bougres, très insistants. Assommez-en un et il en viendra trois de plus à sa rescousse !

Journée les pieds dans l’eau

À notre réveil samedi matin, nous faisons grise mine. Il pleut toujours des cordes. Nous hésitons : nous sommes prêts, nous avons rendez-vous avec un bus pour nous emmener au port dans 15 minutes, mais le temps est vraiment horrible et n’a pas l’air de s’améliorer avant lundi (selon les sites météo que nous consultons frénétiquement). Non, nous n’avons pas vraiment envie de nous gâcher la journée à greloter sur le pont d’un catamaran alors nous appelons la centrale de réservation pour annuler et déplacer au lundi. Ouf, ils acceptent sans trop d’encombre !

Nous passons la journée sous notre cher auvent, à regarder tomber la pluie… et à avancer sur beaucoup d’autres choses sur nos ordinateurs en parallèle, rassurez-vous. Ici, les connexions internet sont limitées à 50 Mo par tranche de 24h mais ont la fâcheuse tendance à planter et à rendre impossible toute connexion pendant de très longues périodes (plusieurs heures). Certes, l’office peut en fournir de nouveaux mais en quantité limitée, et ça ne solutionnerait même pas le souci…! Exaspérés, nous aurons tôt fait de nous introduire sur les bornes Wifi pour nous créer autant de comptes que nécessaire et pour supprimer les comptes plantés au fur et à mesure. (Note pour l’administration de Sea Breeze : pensez à changer votre mot de passe sur les bornes car admin / admin, ce n’est pas très sécurisé et tout le monde peut le deviner…!)

Rodolphe vs le frigo, round 3

Rodolphe en profite également pour sortir le frigo du coffre pour tester cette fameuse alimentation par le gaz. Les tuyaux se fixent, le régulateur de pression est le bon mais… pas de chance, c’est l’allumage qui fait défaut ! Impossible d’obtenir quoi que ce soit de l’allumeur automatique et impossible de savoir où brûler une allumette pour enflammer le gaz (comme le conseille très gentiment le manuel trouvé sur Internet). Nous dévissons les tuyaux flambant neufs et les remisons au fond du coffre. Pas d’alimentation au gaz pour nous, ça semble bien trop dangereux ! Mais Rodolphe n’arrête pas là sa séance de bricolage : le câble pour relier la nouvelle multiprise-allume-cigare à la batterie était sans doute trop fin pour le travail que nous lui demandons de fournir : il a tout simplement fondu au niveau de la prise. Un achat d’un épais câble d’alimentation, quelques tours de tournevis et un démontage/remontage complet de la multiprise plus tard, le système est amélioré et beaucoup plus sûr, grâce à la mise en place d’un fusible au niveau de la batterie.

Entre temps, nous vérifions toujours frénétiquement les évolutions de la météo. Ça a changé du tout au tout ! Lundi et mardi est prévu finalement un temps horrible alors que dimanche (demain, donc), tout est dégagé. Allez, on saute sur l’occasion, on rappelle une nième fois la centrale de réservation et on déplace, une bonne fois pour toutes, l’excursion en catamaran à demain. Et on espère très fortement qu’ils n’ont pas un historique de nos appels…

Croisière en catamaran Camira dans les Whitsunday Islands

Dimanche matin, quelle agréable surprise de nous réveiller sous un beau soleil ! On n’y croyait presque plus… On saute dans le bus qui nous emmène jusqu’au port où on reçoit nos petits bracelets bleus pour la journée. Nous découvrons le magnifique catamaran, tout de violet vêtu : le Camira est une beauté ! Sans trop d’attente, nous grimpons à bord parmi les premiers et prenons place près des filets. C’est le moment de se tartiner de crème solaire ! Notre skipper pour la journée, un homme grisonnant à l’air un peu rustre, nous fait les démonstrations d’usage et nous nous mettons en route, toutes voiles dehors.

Nous faisons un arrêt près de Daydream Island pour récupérer certains de nos compagnons pour la journée qui y passent la nuit (pour des sommes exorbitantes, apparemment). Malheureusement, l’île semble mal porter son nom puisque nous n’apercevons que des blocs d’hôtels en béton gris un peu passé, typiques des années 70 !

Notre second arrêt est beaucoup plus réjouissant, puisqu’il s’agit d’aller plonger dans les eaux translucides de la baie quelques encablures plus loin, à la découverte des coraux, des tortues et des poissons colorés du coin. Masques, palmes, tubas, avons-nous tout ce qu’il nous faut ? Et bien non, nous allions oublier le principal… Les combinaisons intégrales de plongée ! Ce n’est pas pour nous protéger du froid mais bien de ces fameuses méduses-boites au poison mortel qui ont tendance à pulluler dans la région aux alentours de l’été. Nous lisons les petits panneaux explicatifs disséminés à bord pour en apprendre plus : en fait, peu de cas mortels sont connus mais les réactions peuvent être très graves et ne sont pas à négliger. Ces méduses font à peine quelques millimètres, sont invisibles dans l’eau et leurs tentacules peuvent les précéder de plusieurs mètres. Oui, mettons ces combinaisons, ça vaut mieux !

Nous sautons à l’eau et partons en exploration sous-marine pendant une demi-heure. Nous découvrons des coraux colorés et quelques poissons tropicaux (des chirurgiens et des poissons-perroquets, principalement !). Nous cherchons bien longtemps Nemo ou ses compatriotes mais pas d’anémone en vue dans ce coin. Alors que nous barbotons (les combos, ça fait flotter!), nous entendons un peu d’agitation parmi nos compagnons un peu plus loin. Ils ont vue une tortue ! Le temps que nous les rejoignons, celle-ci avait repris son chemin…

Nous remontons à bord du Camira, direction la mythique plage de Whitehaven. Et elle tient ses promesses ! Le sable y est tellement pur (composé à 99% de silice, l’une des rares plages au monde dans ce cas) qu’il est d’un blanc éclatant et, particularité rigolote, il ne chauffe pas ! Lorsque nous y débarquons, en plein soleil de midi, la sensation du sable froid sous les doigts de pied est très étrange… (Rodolphe dit que c’est fantastique de ne pas se brûler les pieds au soleil, Jordane trouve que ça ne fait pas très plage, du coup). Nous avons une heure à terre avant de devoir remonter à bord de notre vaillant catamaran et la plage est déserte et la vue, magnifique. Un hydravion se pose même à quelques mètres de nous. Le contraste entre l’eau bleue et le sable blanc est enchanteur et nous ne résistons pas bien longtemps à l’envie de nous y baigner… sans oublier nos combinaisons de plongée ! Nos amis les taons sont toujours de la partie (ragaillardis par le mauvais temps des jours précédents) et plus tenaces que jamais.

À notre remontée à bord, un BBQ typiquement australien nous attend : des montagnes de saucisses, de biftecks et de morceaux de poulet nous attendent accompagnés d’un buffet froid et de toutes les sauces imaginables (sans oublier les pains de rigueur pour confectionner soi-même son hamburger ou son hot dog). Un excellent moyen de nous faire oublier que nous quittons déjà le paradis ! Nous profitons ensuite du trajet de retour pour prendre le soleil, bercés par les vagues, et pour lier connaissance avec nos voisins qui viennent de Melbourne (et qui trouvent les gens du Queensland un peu…rustres). D’autres, pendant ce temps, profitent largement de l’open bar « bière et vin » et nous offrent un spectacle amusant ! Attention aux petits malins, ils vérifient désormais les sacs au débarquement depuis qu’une vieille dame a vidé le contenu d’une glacière dans son sac à main en pensant quitter le bateau discrètement avec… Ha!

Dingo Beach et Hideaway Bay

Le lendemain, il est déjà temps pour nous de quitter Airlie Beach et les îles Whitsundays, pour poursuivre encore et toujours notre route vers le nord, vers Cairns et la barrière de corail. Nous faisons nos adieux à nos canards préférés et à une petite famille de 3 volatiles qui nichaient près de notre voiture. Nous faisons un petit détour vers les jolies points de vue de Dingo Beach et de Hideaway Bay et c’est parti pour de la route, encore de la route !

3 réponses à Croisière dans les Whitsunday Islands

  1. Chbi

    Eh bé ! T’as toujours autant la main pour faire chauffer les fils électriques !!!
    Et sinon les leds tu les as mises où ?

  2. Arnaud

    Très jolies les photos… ça donne envie de partir ! Surtout que pour nous, ici, en Bretagne, c’est un déluge incessant. Profitez.

    • Jordane

      Merci Arnaud ! On croise les doigts pour vous pour que le déluge s’arrête enfin en Bretagne (et partout en France apparemment), nous suivons cela d’ici via les news !

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