Coup de foudre pour la Bridle Track

Bridle Track 00
Jour 174 à jour 179
du jeudi 2 au mardi 7 janvier 2014
Hors des sentiers battus sur la Bridle Track

Nous nous réveillons donc sous la brume à Hancock Lookout et nous sommes frigorifiés. Perdre 33°C en à peine deux jours, c’est quand même quelque chose ! Nous replions notre tente de toit tant bien que mal dans le vent et la pluie. La nuit a été agitée, mais la tente a tenu bon ! Nous aurions aimé jeter un dernier coup d’œil à la vue sur le Mount Remarkable mais à travers le pare-brise, ce n’est qu’une purée de poix. Nous reprenons donc la route après avoir enfilé polaire-doudoune-pantalons-chaussettes. Incroyable !

Puisque nous avons écourté notre séjour au cœur de l’Australie – ras-le-bol de cuire dans la voiture ! – nous nous retrouvons bien en avance sur notre programme. Nous nous mettons alors en route sans destination précise dans l’immédiat, quittant une fois de plus la grande route ennuyeuse pour préférer les petits chemins de campagne. Au détour d’un virage (et après un petit arrêt dans des toilettes publiques pour se faire un brin de toilette et se laver les dents, le voyage, ce n’est pas toujours glamour !) nous apercevons un petit panneau « Itinéraire bis, route panoramique » qui mène au village que nous visions. Voilà qui a l’air intéressant… Nous faisons demi-tour et nous y engageons. La route est superbe, passant au milieu de champs de blé, de troupeaux de moutons et de quelques émeus. Nous nous arrêtons pour faire quelques belles photos quand un petit bruissement dans un buisson nous interpelle. C’est un « Blue Tongue Lizard » (lézard à langue bleue) ! Le bougre est petit, trapu, mais pas moins rapide et Jordane a du mal à prendre quelques photos de très près. Monsieur le lézard s’en offusque et… ouvre grand la bouche d’un air pas franchement très menaçant, exposant sa belle langue vraiment bleue !

Nous nous éloignons doucement pour ne pas trop l’effrayer et repartons à l’aventure. Au bout de la piste, un autre panneau nous invite à sortir des sentiers battus : « Bridle Track, 4×4 uniquement ! Merci de laisser les portails dans l’état dans lequel vous les trouvez ». Allons-y ! Jordane est préposée à l’ouverture/fermeture des portails qui parsèment le chemin pendant que Rod pilote le 4×4 sur la route en plutôt bon état. La piste grimpe, grimpe, grimpe jusqu’à nous offrir une somptueuse vue panoramique sur les environs de la mer au Mount Remarkable. On se verrait bien rester ici ! L’air se réchauffe et on peut même commencer à enlever nos pulls, jusqu’à la prochaine brise…

Nous entamons la descente sur l’autre versant de la colline quand traversent devant nous deux énormes kangourous rouges. On arrête tout de suite la voiture et on ne fait plus un bruit. Là, derrière les broussailles, il y en a encore un ! Jordane part à la chasse aux photos mais le grand kangourou décide de s’en aller de petits bonds en petits bonds, tranquillement. Nous sommes désormais à l’affût et nous verrons bien une demi-douzaine de grands kangourous rouges le temps de notre descente. Il doit vraiment y avoir peu de monde à emprunter cette route car ils ont l’air d’être ici chez eux !

Nuit venteuse à Thomson Beach

Avec tout cela, il commence à se faire tard et nous nous accordons en fin d’après-midi un déjeuner fast-food comme on les aime à Port Pirrie. Ici, le soleil se couche vers 20h – difficile de s’y retrouver avec tous ces changements d’heure en fonction des états – alors nous avons encore le temps de faire un peu de route avant de devoir nous arrêter pour la nuit. Nous avons rejoint l’autoroute et la civilisation depuis la fin de la Bridle Track et avouons-le, ce n’est pas très palpitant… Vers 19h, nous essayons de quitter la route principale pour aller flâner du côté du bord de mer. La dernière fois que nous l’avons vue, nous étions de l’autre côté de l’Australie, à Cairns ! Mais ici, rien n’est aménagé et l’eau reste peu accessible via la route et cachée derrière de petites dunes ou de hauts arbres. Nous faisons un tour dans un camping gratuit au bord de l’océan mais l’endroit est très exposé au vent et surtout, plein à craquer. Faisant confiance à notre flair, nous nous éloignons et faisons une trentaine de kilomètres sur de petites routes désaffectées qui n’en finissent pas mais qui doivent bien rejoindre l’océan quelque part. Au bout d’une heure, nous y sommes ! Du sable, des broussailles et le bruit de l’eau. Nous montons le campement pour la nuit.

Mais voilà, vers minuit, le vent se met à souffler comme jamais, nous réveillant en sursaut. Le double-toit claque à n’en plus finir malgré les essais répétés à la MacGyver de Rod pour le faire taire, les tiges commencent à se plier, la voiture est agitée de soubresauts, nous sommes gelés. Nous nous rendormons sur de très courtes périodes et Jordane – dans un demi-sommeil agité – a la mauvaise idée de jeter un froid en disant « Heuuuu, en cas de tsunami, on est mal, non ? » (Pour ma défense, il y a à ce moment-là un très gros ouragan avec très forte houle… mais du côté ouest du continent !). Vers 4h du matin, il est toujours impossible de fermer un œil, nous avons de plus en plus peur que la tente de toit ne résiste pas aux assauts du vent et de la pluie alors nous décidons de descendre dans la voiture. Sous la pluie glaciale, luttant contre les bourrasques de vent, à la lueur de nos frontales…nous devons replier la tente de toit au beau milieu de la nuit ! Nous tachons donc de dormir un peu au chaud dans la voiture mais ce n’est quand même pas le plus confortable car nous ne pouvons pas baisser les sièges (et oui, derrière, il y a nos sacs et tout notre barda !). De toutes façons, le soleil n’en a que faire et nous éblouit très vite à travers les vitres. Allez, on abandonne, partons d’ici ! Après un demi-tour sur le sable, nous apercevons un panneau à l’air inquiétant « Attention, expérimentation de matériel explosif dangereux dans le golfe de Saint Vincent. Toute personne, véhicule, vaisseau, avion est interdite dans la zone spécifiée sur la carte. » Ha… Après vérification, nous n’étions pas dans la zone rouge, à quelques mètres près. Fuyons !

Les pléiosaures opalisés d’Adélaide

Malgré la petite nuit que nous venons de vivre, nous sommes ravis d’atteindre Adélaide, une vraie jolie ville, la capitale du South Australia. Il y a de jolis immeubles (et pas seulement des hangars au milieu du désert !), des graffitis colorés, des magasins et même du Wifi gratuit ! Nous flânons toute l’après-midi dans la rue principale, Rundle Mall, et passons même une heure ou deux au South Australia Museum où Jordane voulait absolument voir des squelettes opalisés de créatures marines préhistoriques, les Plésiosaures (que malheureusement, dans l’excitation, nous n’avons pas pris en photo). Si, si, des fossiles qui se sont transformés en opale avec le temps ! L’occasion aussi de découvrir toutes les pierres et minéraux qui existent, classés par couleur… Classe !

Ce soir, nous passons la nuit à Waitpinga Beach où nous sommes accueillis par un joli coucher de soleil et par une maman wallaby et son petit, pas très farouches. Au petit matin, Rod tombera même nez à nez avec un autre grand marsupial juste au pied de la voiture ! Peu après, nous allons faire un tour sur la plage proprement dite et malgré le vent qui souffle toujours autant, il s’agit d’un très joli endroit. Mais à voir le jeune surfeur d’une douzaine d’années et son papa en tenue de ville trempé (?) qui reviennent frigorifiés à leur voiture… nous n’avons pas envie d’y mettre un orteil ! Surtout que comme souvent en Australie, des panneaux déconseillent la baignade…

Ewens Ponds et Picanninie Ponds

Aujourd’hui, au programme, nous avions prévu de visiter deux « ponds » (étangs) totalement inconnus en Australie mais dont on nous a dit le plus grand bien : les Ewens Ponds et les Picanninie Ponds où l’eau douce qui s’inflitre depuis des milliers d’années à travers la roche est claire comme du cristal et où la faune et la flore sous-marines sont remarquables… sans parler de leurs cavernes immergées ! Mais le temps n’est vraiment pas en notre faveur et, bien que nous fassions le trajet jusque là, ces mares hors du commun sont tristement maussades. De toutes façons, nous n’avons ni masques, ni tubas et l’eau y est à 12°C !

Nous jetons un oeil aux dunes de sable blanc qui bordent l’océan, croisons un wombat sur le chemin (un animal étrange qui tient du petit ourson et du cochon) ainsi que des lamas, saluons la Langouste Géante du coin (vous savez, comme la Big Mango de Bowen, les Australiens sont des fans absolus de ces horreurs posées en bord de route) et finissons notre journée dans la forêt d’un parc national totalement désert où on peut entendre Jordane compter dans le désordre à haute voix pendant un long moment. « 1…. » « 3..! » « Non, 2…. » « 3…. Non, je suis sûre qu’on peut faire mieux ! » Mais de quoi donc parlent-ils ? Des barres de réseau sur nos téléphones, bien sûr ! « 5 ! 5 ! 5 ! On a 5 barres, arrête tout !! » Et on s’installe là pour la nuit, sur un bas-côté d’une piste boueuse au milieu de la forêt (sur ce qui fût sans doute un jour un dégagement créé par un bulldozer pour dégager la route). Mais au moins, nous avons du réseau et nous en profitons pour faire un petit coucou à nos familles (10h de moins pour Paris et 15h de moins pour la Guadeloupe, c’est quand même pas pratique !)

Les koalas du Mount Eccles

Le lendemain, nous partons à la découverte du Mount Eccles, un volcan dormant du Victoria (et oui, nous avons encore changé d’état !) dont le parc national regorge normalement d’animaux sauvages et en particulier de koalas. Le cratère du volcan s’est rempli d’eau depuis la dernière éruption il y a 20 000 ou 30 000 ans, y créant le Lac Surprise. Nous en faisons le tour lors d’une petite balade mais ne voyons aucun koala à l’horizon… Peut-être aurons-nous plus de chance le long de la Great Ocean Road ?

2 réponses à Coup de foudre pour la Bridle Track

  1. Les globe trotteurs

    Waouh! On a pas eu la chance de découvrir ce coin de ce pays continent qu’est l’Australie, mais en vous lisant on s’y croit, et les photos sont au top!!! Ça nous replonge dans nos souvenirs au coeur du bush…Chapeau les auteurs et les photographes!! Bisous

  2. Les globe trotteurs

    Globe trotteurs= Lionnel et Céline…lol

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