Auckland, la quête du Graal

Auckland 00
Jour 214 à jour 216
du mardi 11 au jeudi 13 février 2014
Les chutes de Bridal Veil

Nous quittons donc les cavernes de Waitomo en fin d’après-midi et nous prenons les routes sinueuses de l’arrière-pays jusqu’à atteindre le bord de mer de la région de Waikato, sur la côte ouest de l’île du Nord. En route, nous croisons quelques beaux paysages sublimés par la lumière de fin de journée. Derrière les plus hautes collines et alors qu’il fait encore bien jour, la pleine lune commence à se lever. Nous longeons un moment la route en bord de mer entre Waiharakeke et Kawhia et découvrons ses innombrables anses avant de finir par nous arrêter en bord de route alors qu’il fait déjà nuit. Et alors que nous sommes tranquillement dans la voiture à regarder un film sur notre ordinateur, une petite silhouette noire sort des buissons et commencer à farfouiller le sol de son bec pointu. Un kiwi !! Nous ne faisons plus un bruit et nous le regardons faire son petit bonhomme de chemin autour du van. Les kiwis sont des créatures très timides qui ne sortent qu’à la nuit tombée ou au lever du jour. Il finit par traverser la route et par disparaître au milieu des arbres.

Le lendemain matin, nous prenons une véritable piste de gravier et de tuff en direction de Raglan (la couleur du van disparait rapidement sous la couche de poussière), nous nous perdons une ou deux fois en nous trompant d’intersection et nous finissions par arriver enfin en milieu de matinée aux chutes de Bridal Veils. Waireinga (de son nom maori) est une belle chute qui se jète dans un petit bassin 55m plus bas. Nous l’observons depuis deux jolis points de vue : celui du sommet, où nous arrivons après une petite marche d’une dizaine de minutes puis nous descendons 135 marches avant d’atteindre le second point de vue. Et on dirait effectivement un voile de mariée qui s’agite au vent, d’où son nom ! D’ailleurs, le vent souffle ce matin et la trajectoire de l’eau est déviée, tombant parfois au milieu du bassin qui s’est formé à ses pieds ou parfois plusieurs mètres plus loin sur les rochers. On ne pensait pas que c’était possible !

Camping automatisé à Auckland

Nous avons prévu d’arriver à Auckland ce soir alors nous reprenons la route après un court arrêt à Hamilton pour faire quelques courses pour les deux ou trois jours qui nous restent en Nouvelle-Zélande. Pour une fois, nous prenons l’autoroute et comble de chance, il se met à pleuvoir en chemin, enlevant le gros de la poussière sur la carrosserie. Ce sera ça de moins à nettoyer avant de rendre le van dans deux jours ! Alors que nous ne sommes plus qu’à une heure d’Auckland, je commence à regarder sur Internet (nous avons acheté une puce 3G à notre arrivée et il nous reste encore quelques Mo à utiliser) dans quel camping nous pourrions bien passer nos deux dernières nuits. Je finis par trouver un camping très bon marché, flambant neuf, directement dans l’aéroport ! Nous réservons notre place en ligne, car cela nous permet d’économiser presque 50%, mais nous n’avons alors pas le droit de nous y présenter avant 4 heures. Zut ! Nous faisons donc un tour du côté des centres commerciaux de l’aéroport mais tout est déjà fermé (il est 18h tout juste). Nous trouvons un petit chemin qui rejoint la mer, avec vue sur les pistes d’atterrissage et nous tuons le temps en jouant à Citadelle, notre jeu de cartes que nous avons acheté à Wellington. Rodolphe, comme d’habitude, me bat à plates coutures !

Nous finissons par nous présenter au camping tout automatisé : il suffit de présenter sa carte bleue à la borne d’entrée (à condition que ce soit la même qui ait été utilisée pour acheter la place en ligne) pour que les grilles s’ouvrent. Nous ne sommes pas nombreux ce soir et les places disponibles sont légion. Il y a des douches chaudes, une laverie automatique et une cuisine. Impeccable !

Le lendemain, nous partons enfin à la découverte d’Auckland, bâtie sur des volcans éteints depuis longtemps et d’où on peut apercevoir à la fois la mer Tasman et l’océan Pacifique. Cette jolie métropole apparait d’ailleurs régulièrement dans le top 3 des villes où il fait bon vivre au monde, grâce à ses plages, ses vignes environnantes, sa vie culturelle, ses restaurants, sa musique et ses festivals. C’est aussi à Auckland qu’on trouve la plus importante population polynésienne au monde !

Nous commençons notre journée par un passage à la boutique d’usine Icebreaker dans le centre commercial de l’aéroport. Avant de partir, j’ai craqué pour de nombreux modèles en laine de mérinos de la marque mais cette fois, nous sommes plutôt sages et optons surtout pour des chaussettes chaudes vu qu’il nous faudra affronter bientôt la Patagonie et l’Islande. Pour visiter la ville, nous empruntons la Tamaki Drive qui longe la côte et offre une belle vue sur le Golfe d’Hauraki et ses myriades d’îles. Nous déjeunons ensuite en centre ville dans un restaurant chinois que Rodolphe avait découvert lors d’un de ces précédents voyages.

La quête du Graal : le protège-passeport turquoise

Nous passons le reste de l’après-midi à flâner dans les petites rues, à chercher cartes postales et souvenirs sympathiques, tombant au passage sur de belles boutiques très modernes.

En fait, je vais vous l’avouer, je suis à la recherche d’un objet bien particulier depuis que nous sommes arrivés en Nouvelle-Zélande : un protège-passeport en cuir turquoise avec les emblèmes du pays (le kiwi, la fougère, des dessins maoris). Lorsque nous étions à Uluru un mois plus tôt et que nous cherchions à nous protéger de la chaleur, nous nous étions réfugiés au musée de Yulara où Rodolphe avait trouvé un protège-passport en cuir rouge avec une Australie stylisée en dessins aborigènes. J’avais tellement aimé le design que j’avais regardé sur internet si la marque IdKoop possédait d’autres modèles du même genre et j’étais effectivement tombée sur le charme de celui turquoise, uniquement disponible en Nouvelle-Zélande. Je serai bien incapable de vous dire combien de boutiques de souvenirs nous avons exploré à la recherche de ce graal depuis notre arrivée. Une vingtaine, une trentaine ? Il y en a toujours d’autres, mais jamais celui-là. Alors à Auckland, c’était ici ou jamais ! Mais après une dizaine de boutiques, il faut se rendre à l’évidence. Le modèle doit être épuisé ou d’une ancienne collection. Et c’est bien entendu dans la dernière minuscule boutique de la rue Wellington où nous entrons complètement par hasard pour regarder autre chose qu’il est LÀ ! Oui, bel et bien là ! Je saute immédiatement sur le seul et dernier exemplaire qui doit probablement être le dernier du pays ! Bon, il a un peu fait la guerre, quelques bouts sont effilochés, le cuir un peu rayé mais il est hors de question que je reparte sans. Victoire !

flora_fantail_passport

Alors que le soleil commence à décliner, nous reprenons la voiture pour nous diriger vers Mount Eden, l’un des cônes volcaniques qui entourent la ville. Nous conduisons jusqu’au sommet d’où nous avons une vue à 360° sur les environs. Nous y restons jusqu’à ce que les lumières de la ville s’allument et qu’il fasse définitivement nuit. En redescendant, phares allumés, il y a une forme sombre au beau milieu de la route. On s’arrête et je vais voir de plus près. Un chat est tranquillement installé là, je le prends dans mes bras et une femme qui promène son chien vient à ma hauteur « ha, ce chat, je l’ai déjà vu hier, il est peut-être perdu ! ». Très câlin, il est déjà en train de ronronner quand je regarde son collier « Hello, I’m not lost, I live on Mount Eden ! » (Bonjour, je ne suis pas perdu, j’habite sur le Mount Eden !) Malin ! Je le repose sur le côté de la route, hors de portée des roues des voitures et nous retournons à notre camping du futur.

Nous passons le reste de la soirée à faire des lessives, ranger le van et refaire nos sacs… Le lendemain matin, à l’heure convenue, nous retrouvons Richard, notre loueur de van, sur le parking du MacDonald de l’aéroport. Il est toujours aussi rigolard et est impressionné quand il se rend compte que nous avons parcouru 4500km en 19 jours. Il nous dépose à l’aéroport quelques minutes plus tard, nous postons nos dernières cartes postales et nous enregistrons nos bagages… direction…Tahiti !

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