Tokyo, l’insaisissable

Tokyo 00

Jour 51 à Jour 61
du dimanche 1er au mercredi 11 septembre 2013

Nous arrivons à Tokyo le premier jour de Septembre, il fait beau, très chaud et nous sommes encore bien fatigués de notre périple en voiture. Il faut dire qu’il est difficile de trouver un contraste plus grand qu’entre la Mongolie et le Japon ; ne serait-ce qu’au niveau de la densité de population où chacun frise avec les extrêmes opposés (1,8 hab/km² en Mongolie contre 338 hab/km² au Japon !) sans oublier le – relatif – développement de la Mongolie comparé à la modernité du Japon où tout est millimétré, calibré et ordonné…

Et justement, parlons-en de cet ordre ! Ce qui était pratique durant le Mongol Rally, c’est que nous n’avions rien à prévoir à l’avance. Nous étions autonomes avec notre tente pour dormir le soir et les pays que nous traversions n’étaient pas les destinations favorites des touristes occidentaux. Nous ne sommes donc jamais tombés sur un hôtel plein…

Mais au Japon, il en est tout à fait autrement ! Il faut réserver ses hôtels à l’avance, réserver ses billets de train, réserver telle ou telle visite dans un site particulier sous peine sinon de se voir refuser à l’entrée ou être bon pour revenir le mois suivant… Bref, nous avons eu beaucoup de mal à nous plonger dans les guides et sur les sites internet afin de prévoir notre mois au Japon à l’avance, en détaillant tout à la minute près ! Et tout cela en tentant tout de même de visiter Tokyo durant la journée.

Là encore, le fuseau horaire du Japon fait que le soleil se lève très tôt, aux environs de 5h20, pour se coucher tôt également, un peu avant 18h. Mais les sites touristiques, eux, respectent des horaires plus communs en ouvrant leurs portes aux alentours de 9h mais pour les fermer à partir de 16h30 (tapantes). C’est souvent trop tôt pour nous qui comptions prolonger une visite dans un parc ou visiter un autre temple…!

À tout cela, on peut rajouter que nous sommes tombés dans LE mois qui comprend 2 lundis fériés au Japon (et donc autant de week-ends de 3 jours). Et les vacances, pour les japonais qui travaillent si dur toute l’année, c’est sacré ! Du coup, les grands sites touristiques sont bondés, les hôtels complets depuis bien longtemps et il nous a fallu par exemple faire une croix sur l’île d’Hokkaido au nord du Japon, n’ayant pu trouver de places dans un train de nuit.

Mais revenons-en à Tokyo !

Jour 1

En bon geeks que nous sommes, notre première sortie de l’hôtel nous emmène dans le quartier des néons colorés de Akihabara – aussi appelé « Électric Town » – le quartier clé de l’électronique de Tokyo. Autrefois, c’est ici que se trouvaient tous les marchands de composants électroniques dont il ne reste que peu de boutiques aujourd’hui. On y trouve plutôt maintenant des boutiques aussi flashy que gigantesques vendant absolument tout ce qui se branche à une prise électrique… ou USB (et pas toujours du meilleur goût, soyons honnêtes). Au Japon, la ville s’étend aussi en hauteur et il faut souvent lever la tête pour être sûr de ne pas rater la boutique que l’on cherche. Hop, on saute dans un des ascenseurs sur la chaussée et on continue l’exploration aux étages supérieurs. N’oublions pas non plus de parler de ces jolies japonaises costumées qui distribuent des tracts dans la rue pour vanter les mérites des bars à thèmes où elles sont hôtesses (et uniquement pour faire la conversation, on vous voit venir !)

Changement d’ambiance peu après lors de notre visite du parc de Ueno : ici, ce serait plutôt le Central Park de Tokyo ! Les allées de ce grand parc sont très calmes et peu de monde s’y promène en ce jour de semaine. Ça fait du bien après l’agitation d’Akihabara ! Nous prenons le frais un petit moment à l’ombre des grands arbres, tout en découvrant de petits temples ça et là…

Nous passerons enfin la soirée du côté de Roppongi, célébre pour sa vie nocturne, ses expats et ses rues illuminées à la nuit tombée. C’est l’occasion de nous faire un bon resto (des ramens) !

Jour 2

Nous retrouvons Mulder le lendemain, un ami de longue date qui vient tout juste de s’installer à Tokyo avec sa femme Reiko. Nous nous installerons chez eux pour les 5 prochaines nuits et ils nous seront d’une grande aide pour planifier la suite de notre trajet !

Bien sûr, nous ne ratons pas l’occasion de visiter le quartier de Shibuya et son fameux « crossing » : un croisement de plusieurs passages piétons emprunté par des des milliers de gens chaque jour, pardon, chaque heure ! Jusqu’à 2500 piétons y traversent à chaque feu rouge aux heures de pointe… Mais Shibuya est aussi le rendez-vous incontournable des jeunes à la pointe de la mode, pour voir et se faire voir. Si vous voulez connaître les dernières tendances nippones et croiser les tokyoïtes les plus atypiques que vous n’ayez jamais vu, c’est ici qu’il vous faut venir ! Jordane a bien jeté un oeil à quelques magasins de vêtements (le très célèbres Shibuya 109 sur un nombre d’étages incalculables) mais c’était, disons, trop… Juste trop indescriptible !

Nous arpenterons ensuite le quartier de Harajuku, riche lui aussi en magasins branchés (une boutique Barbie rose bonbon… de vêtements de femme adulte! Un avion taille réelle, rose évidemment, dans un magasin de breloques!) puis le boulevard d’Omote Sando souvent surnommé les Champs Élysées de Tokyo (pas de panique, notre chère avenue reste tout de même la plus belle du monde). Enfin, nous voulions terminer notre journée au calme en visitant le temple de Meiji Jingu mais nous y trouvons porte close ! Le parc autour du temple ferme à 17h20… et il est 17h30. Evidemment…

Jour 3

Notre semaine tokyoïte se prolongera par une promenade tout au long de la vieille ligne de tramway d’Arakawa, vestige du vieux Tokyo. En effet, cette petite ligne au nord de la ville est toujours en activité et est désormais coincée entre les habitations et les immeubles qui ont poussé autour. Au point de se demander parfois si l’on ne va pas cogner une fenêtre restée ouverte !

Nous irons également visiter le mystique quartier d’Asakusa à la nuit tombée et le plus grand temple bouddhiste de Tokyo, le Sensoji gardé par deux immenses statues de dieux japonais à l’air féroce : Raijin, le dieu du tonnerre et Fujin, le dieu du vent sans oublier son immense lanterne de papiers. Nous verrons même un sumo en kimono traditionnel venir saluer l’autel avant de repartir l’air grave. Pas si loin à l’horizon se dresse la SkyTree Tower, la nouvelle tour la plus haute du Japon que nous monterons visiter quelques jours plus tard (parce que à cette heure-là, vous vous doutez bien que c’est fermé  !).

Jour 4

Notre séjour à Tokyo nous permettra également de vivre un tremblement de terre et pas des moindres ! Absolument aucune conséquence suite à cette secousse, mais ça vous fait tout de même un choc ! Nous étions chez nos amis Mulder et Reiko au moment du petit-déjeuner lorsque tout s’est mis à trembler. Et nous avons pu apprécier les fondations anti-sismiques de l’immeuble : strictement rien n’a bougé dans l’appartement alors que l’horizon tanguait… Les secousses ont duré bien une vingtaine de secondes et on vous assure, c’est long, très long ! Réflexe immédiat de nos amis : allumer la télévision pour savoir si un tsunami s’est déclaré et vérifier l’état des lignes de train. Rien à signaler, la vie reprend son cours (elle ne s’était même pas arrêtée!). A noter que nous ne saurons pas vraiment de quelle intensité était ce tremblement de terre car l’échelle de Richter n’est pas vraiment utile au Japon (puisqu’elle mesure principalement les dégâts) et qu’ils ont leur propre échelle. Après une petite recherche sur le net, ce serait quelque chose comme 6.4 sur l’échelle de Richter, mais à l’épicentre !

Pour nous remettre de ces émotions, nous partons visiter le fameux marché aux poissons de Tsukiji, mais malheureusement, là encore, nous ne collons pas tout à fait aux horaires japonais en osant arriver 1h avant la fermeture annoncée. À midi, il ne reste en tout et pour tout qu’un seul poisson visible dans ce marché, l’un des plus grands du monde… (Mais quel poisson! 4 hommes s’apprêtent à en découper les filets et ils ne sont pas de trop). Tant pis ! Nous essayerons de revenir une prochaine fois.

En revanche, nous sommes dans le bon quartier et à la bonne heure pour acheter des places au théâtre – au moins quelque chose que nous ne raterons pas ! Nous tentons donc l’expérience de 20 minutes de kabuki, un spectacle japonais très codifié (et qui dure en général trois ou quatre heures, mais ils ont tout compris et proposent des places « découverte ») Expérience qui se révélera fatale pour Rodolphe, puisqu’après 8 minutes de spectacle, il s’évade dans le monde de Morphée…

Toujours dans le même coin, nous remontons ensuite l’avenue de Ginza, bordée de grandes boutiques comme l’Apple Store – pèlerinage obligé pour nous ;-) – ou encore le Sony Building qui expose toutes les dernières nouveautés de la marque nippone (les lunettes de réalité virtuelle sont au premier plan !).

Nous terminons notre journée par une très jolie balade dans le parc Hamarikyu qui se trouve juste à côté du Tsukiji Market. Ce grand parc au bord d’un canal est très agréable et d’un contraste saisissant entre les immenses buildings de verre qui le bordent et les milliers de fleurs colorées de ses champs. Le soleil pointera même le bout de son rayon pour nous laisser admirer l’endroit ! (Car nous n’avons pas précisé mais… il pleut depuis plusieurs jours).

Jour 5

Nous profiterons de nos derniers jours à Tokyo pour nous rendre sur l’île d’Odaiba au sud-est de la ville. C’est une île artificielle accessible en métro aérien, qui nous permet d’avoir un peu de recul et une belle vue sur la « skyline » de Tokyo. C’est sur cette île que se trouve entre autres le musée Miraikan, le « musée national des sciences émergentes et de l’innovation » créé par la Japan Science and Technology Agency, tout un programme…!

Sauf qu’à ce musée du futur (ce que Miraikan veut dire en japonais) ils ne prennent pas la carte bleue… Eh non… Ça doit être un moyen de paiement beaucoup trop ancien pour eux car ils n’acceptent que le cash ! Mais évidemment, pour continuer la loi des séries, il ne nous reste pas suffisamment de liquide pour payer les entrées (qui ne sont pourtant pas très chères). Qu’à cela ne tienne, on nous indique gentiment qu’au bout de la rue se trouve un « convenience store » (Konbini en japonais, imaginez l’épicier du coin version ++++++) et qu’il possède un distributeur… qui n’accepte évidement pas les cartes étrangères ! Et il n’était pas au bout de la rue, mais au bout de l’île. Nous sommes donc bons pour nous rendre à la galerie commerciale la plus proche, à 2km de là. Sur trois distributeurs, ce sera évidemment le dernier qui daignera enfin accepter notre Visa ! Retour au musée, 1h et 4km plus tard. Il ne nous reste que 2h pour en profiter avant qu’il ne ferme… et on se rend vite compte que c’était une journée entière qu’il fallait y passer tant il regorge de merveilles.

Demi-jour 6 et demi-jour 7

Durant nos deux dernières demis-journées à Tokyo, nous aurons quand même une victoire sur la planification japonaise : la visite de la SkyTree Tower, haute de 634m et deuxième structure la plus haute du monde, ouverte depuis un peu plus d’un an.

On nous avait dit qu’il y avait une queue immense pour y aller, que les places s’arrachaient telles les actions à la bourse… mais qu’on pouvait réserver par internet afin d’éviter tout ça et avoir une heure d’arrivée spécifique pour monter à la plate-forme d’observation. Nous sautons évidement sur l’occasion… mais la réservation n’est possible qu’en japonais. Reiko nous aide à finaliser la réservation lorsqu’on s’aperçoit qu’il faut payer avec une carte japonaise. Encore une ruse bien nippone, mais Reiko accepte de nous avancer l’argent. On y est presque, l’e-mail de confirmation arrive et argh ! Il faut présenter la carte ayant servi à la réservation au moment de notre visite. Or Reiko sera au travail et n’avait pas du tout prévu de venir avec nous… Nous récupérons donc sa carte le jour de notre visite, tout en craignant on-ne-sait-quel-refus de la part des guichetiers une fois sur place… Mais tout se déroule sans accrocs et nous voici perchés à 350m plus rapidement qu’il ne faut pour dire ouf ! La vue est sacrément impressionnante et nous y arrivons vers 17h30 alors que la nuit n’est pas encore tombée (nous espérions voir un joli coucher de soleil mais les nuages ne sont pas du même avis) et nous y resterons jusqu’à la nuit noire, deux heures plus tard. Et entre temps, nos cartes mémoires d’appareils photos auront saturé !

Notre visite dans le quartier d’Oshiage où se dresse la SkyTree Tower nous permettra également de combler un grand vide dans la visite de Tokyo pour Jordane… En effet, Jordane tenait absolument à visiter le musée Ghibli, du nom du studio de films d’animations qui a sorti les célèbres Princesse Mononoké, Le château Ambulant, Le Voyage de Chihiro ou encore le très plébiscité Mon voisin Totoro. Mais, fidèles à la tradition japonaise, les tickets pour ce musée ne s’achètent qu’à l’avance… et uniquement dans une chaîne de konbinis (et tout en japonais, mais ça vous l’aviez deviné). Une fois encore, notre sauveuse Reiko aura tout tenté pour nous trouver des places mais c’est complet quasiment un mois en avance… (En fait, nous avons testé tous les horaires et jours possibles et nous n’avons pas encore trouvé de place, peut-être en 2014 ?) Nous devons alors laisser tomber, au grand désespoir de Jordane. Mais que trouve t-on au pied de la SkyTree ??? Une boutique Ghibli ! Ce ne sera, certes, pas la visite du musée mais dans ce genre de musée, c’est toujours la boutique la plus intéréssante ! Voilà donc qui est partiellement réparé, nous trouvons de petits souvenirs bien sympathiques et il y a même un énorme Totoro en peluche à l’entrée de la boutique pour la consoler.

Pour boucler notre tour de Tokyo, il ne nous restait plus qu’à re-tenter notre chance pour deux sites que nous voulions visiter mais sur lesquels on s’était cassé le nez quelques jours plus tôt…
– Le Tsukiji market est bel et bien fermé le mercredi, jour de notre deuxième visite… Dommage :)
– Le parc de Meiji Jingu est, lui, bien ouvert le mercredi du moment que vous arrivez avant 17h20…!

Allez, Tokyo 1 – Tongs & Baluchon 0
Nous en avons malgré tout déjà plein les yeux et des souvenirs de néons colorés plein la tête. Et pour le marché aux poissons, on se rattrapera la prochaine fois qu’on viendra, après les JO de 2020 !

 

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