Sensations fortes à Chiang Mai

TigerKingdom 00

Jour 125 à jour 128
du jeudi 14 au dimanche 17 novembre 2013

En transit à Bangkok

Nous débarquons tôt à l’aéroport de Bangkok après notre escapade à Ko Samui et nous y retrouvons avec un très grand plaisir Simon, le cousin de Rodolphe, et Mylène, sa chérie, qui viennent d’atterrir après un long vol depuis la France. (Des têtes qu’on connaît !! On peut parler français et même qu’on nous comprend !!) Nous nous retrouvons pour explorer le Nord de la Thaïlande tous les quatre pendant quelques jours, avant que Simon et Mylène ne poursuivent leurs vacances au Laos pendant que nous redescendrons doucement vers Bangkok où nous attendra un avion pour l’Australie.

On s’attable devant un bon café / smoothie pour se réveiller comme il faut avant d’entamer les festivités de la journée. Mais en fait, on va avoir du temps à tuer ! Nous avons déjà nos tickets pour un bus de nuit qui part le soir même à 21h30 précises et qui roulera toute la nuit en direction de Chiang Mai, au nord du pays. C’est d’ailleurs assez incroyable que nous ayons réussi à avoir des places dans le même bus : Simon et Mylène ont acheté leurs tickets via une agence en France et Rodolphe, grâce à sa chance légendaire, a réussi à avoir les deux dernières places du dit bus en les achetant la veille depuis Ko Samui. (Nous n’y serions pas arrivés d’ailleurs sans l’aide de la réceptionniste de notre hôtel à qui nous avons fourgué le numéro de téléphone thaïlandais de la compagnie de bus en lui montrant le scan du ticket de bus de Simon et Mylène. Quelques minutes plus tard, c’était réglé et nous n’avions plus qu’à aller à la supérette du coin pour payer les tickets. Magie moderne!

Mais d’ici là, nous avons donc une douzaine d’heures à tuer. Nous nous décidons à quitter le confort de l’aéroport pour sauter dans le train-navette qui nous emmène en centre-ville, où, harnachés comme des bêtes de somme avec nos gros sacs, nous tentons de héler des tuk tuk. Et à 4 avec nos gros sacs, ils n’ont même pas peur, ils veulent bien nous prendre ! Mais les lois de la physique étant ce qu’elles sont, nous finissons par enfourner tout ça plutôt dans un grand taxi (tant bien que mal). Nous faisons un arrêt à la gare de train où Simon et Mylène doivent se faire rembourser des tickets (c’est pourquoi nous nous sommes rabattus sur le bus, finalement) et nous finissons l’après-midi dans un café à mi-chemin de la gare de bus.

Nos voyageurs français font la sieste alors que nous sommes complètement survoltés : nous essayons d’acheter le 4×4 de nos rêves à Sydney via Skype. Tout se joue maintenant ! La tension est à son comble : nous ne sommes pas les seuls intéressés et le propriétaire, pas bête, fait monter les enchères. Pour ne rien arranger, nous ne sommes pas près d’arriver en Australie et il quitte le pays à la fin de la semaine. Et puis, le 4×4 existe-t-il vraiment ? Roule-t-il encore ? Remporterons-nous les enchères ? Arnaque ? Nous en saurez plus dans un article à paraître… ;-)

Quoiqu’il en soit, nous terminons la journée dans un « food court » recommandé par le guide du Routard, à un kilomètre à pied de là (la fatigue et la lourdeur des sacs commencent à se faire sentir). Nous arrivons dans un centre commercial à l’entrée tellement grandiose qu’on se demande si on ne s’est pas trompés et si on ne va pas nous refuser ! Au dernier étage, nous trouvons le food court en question : il s’agit en général d’un étage complet de petites échoppes vendant des plats de cuisines et de styles et différents et où tout le monde peut se retrouver sur les tables disposées au milieu. Celui-ci est un peu décevant, les échoppes se ressemblent toutes et proposent principalement de la nourriture asiatique (même si Jordane arrive à dénicher une petite pizza 4 fromages assez industrielle et hors de prix).

Nous redescendons de quelques étages pour avoir la surprise de trouver l’entrée du métro aérien directement dans le centre commercial. Parfait ! Nous ne sommes qu’à quelques stations de notre gare de bus et il nous reste une bonne heure et demi avant son départ. À la sortie du métro, nous cherchons un taxi pour la fin du trajet : pas plus de 6 kilomètres, ça devrait être vite réglé. Mais c’était sans compter sur les embouteillage de Bangkok. Et là, croyez-le ou non, nous avons eu très très peur. Le chauffeur de taxi nous dit qu’il aura du mal à nous y amener pour 21h (heure d’embarquement). Il est 20h !! Il n’y a que 6 kilomètres ! Mais il n’exagère pas, les voitures ne bougent pas. Nous contemplons quelques instants l’idée de sauter sur les motos-taxis qui nous entourent. Non, quand même pas, pas avec nos sacs. Notre chauffeur, sans doute par peur de perdre des clients, passe à la vitesse supérieure et se prend pour Sami Naceri tout en nous demandant de regarder s’il n’y a pas des voitures de flics. Et il y arrive ! Nous respirons un peu mieux au fur et à mesure que les kilomètres s’égrènent. Il nous dépose sous une passerelle et nous terminons les derniers mètres en courant. Mais en fait, rien ne pressait. Il y a une quantité incroyable de bus et pratiquement tous sont en direction de Chiang Mai. Il en part toutes les 15 minutes et nous nous payons le luxe d’attendre sur des banquettes pendant une grosse demi heure avant de monter à bord.

Nous ne sommes pas déçus par le confort à bord : sièges larges et confortables, hôtesse, et même petit dîner servi sur un plateau. C’était bien la peine d’aller au food court ! Nous ne tardons pas à nous endormir, une fois les lumières éteintes.

Les temples de Chiang Mai

C’est au petit matin (5h…) que nous arrivons enfin à Chiang Mai. Il ne fait pas encore jour et nous prenons enfin le premier tuk tuk de notre séjour thaïlandais. Bon, en fait il s’agit plutôt d’un gros pick-up avec des banquettes aménagées à l’arrière, mais ça reste exotique ! Il nous conduit en quelques minutes à la guesthouse où nous avons réservé les nuits que nous passerons à Chiang Mai : MD House. Lorsque nous y arrivons, tout le monde dort encore et nous n’osons pas réveiller le gardien derrière son comptoir. Nous nous replions donc sur le petit salon en terrasse au bord de la piscine. Charmante piscine à la forme très évocatrice, d’ailleurs ! C’est impossible que l’architecte ne l’ait pas remarqué, mais bon, nous savons que la Thaïlande raffole de ces symboles tout à fait masculins.

Nous récupérons nos chambres quelques heures plus tard et Jordane en profite pour faire une petite sieste dans un vrai lit. En début d’après-midi, bien que toujours un peu grogis à cause des deux jours de trajet, nous nous motivons à aller visiter la ville. Au programme : des temples, des moines et des bouddhas bien sûr et un lâcher d’oiseaux porte-bonheur ! (Vous nous excuserez mais nous n’avons plus aucune idée des noms de ces temples ni de leurs histoires respectives…) Chiang Mai, ancienne capitale culturelle du royaume de Lanna aujourd’hui disparu, compte la concentration de temples la plus forte en Thaïlande.

Dans la ville, les préparatifs pour la mondialement célèbre fête des lanternes commencent à être mis en place : des allées de lanternes colorées s’allument au crépuscule, les temples se décorent. Plus que quelques jours avant la pleine lune !

Sensations fortes au rafting

Le lendemain matin, nous avons envie de bouger. De vraiment, littéralement, bouger ! Alors nous craquons pour une demi journée de… rafting ! Une première pour nous, sauf pour Mylène qui avait adoré l’expérience.

Un bus vient nous chercher en début de matinée : nous en avons pour deux bonnes heures de trajet avant d’atteindre la rivière. Nous faisons un petit arrêt au marché à mi-parcours pour que le guide fasse les courses pour notre repas de midi. Et après une route terrible et chaotique digne des pires pistes mongoles (la saison des pluies ravine toutes les routes), nous arrivons enfin à la base de rafting. Après le choix des casques et des gilets de sauvetage, on nous place deux par deux sur le raft et on nous apprend les positions correctes des pieds pour éviter de se faire éjecter. Le guide nous fait le briefing de sécurité et il y a même un vocabulaire particulier à apprendre !

- « Forward» pour pagayer vers l’avant
– « Backwards » pour pagayer vers l’arrière
– « Left forward » pour que UNIQUEMENT ceux à gauche pagaient vers l’avant
– « Right backwards » pour que UNIQUEMENT ceux à droite pagaient vers l’arrière
– Et là où ça se complique « left backwards, right forward » ou inversement…

Y’a intérêt à distinguer sa gauche de sa droite avant de faire du raft et ça n’est à priori pas notre point fort aux premiers coups de pagaie ! Surtout qu’en général, on a à peine quelques secondes pour réagir et donner les bons coups de pagaie.

- Le plus drôle et le moins facile à exécuter : « Over left ! » et tout le monde doit se jeter à gauche (pour aider le raft à se sortir des rochers) ou son petit frère « Over right ! ». Imaginez Rodolphe plonger sur Jordane…Voilà voilà…
– Et le plus important et de loin : « Get down!!! » A ces mots, tout le monde doit s’accroupir au fond du raft pour attendre la fin des rapides ou de la passe difficile.

Bon et bien avec tout ça, on est parés (mais pas encore très confiants). On s’essaie aux ordres de notre guide de raft sur la partie la plus douce de la rivière. Fous rires garantis ! Et c’est parti pour 20km de rivières et de rapides le long du chemin, soit deux heures de sensations fortes. On ne va pas se leurrer : c’est surtout le guide qui fait tout le boulot, en maniant d’une main de maître l’embarcation. Les premiers rapides sont légers mais nous en franchissons quelques uns qui valent leur pesant de cacahuètes ! Tout le trajet, le van qui nous a amené nous suit le long de la rivière un peu en hauteur sur les contreforts et aux passes difficiles, ils harnachent des cordes de sécurité, prêts à nous en lancer une si nous venions à chavirer (à priori, il y a eu un accident la veille où tout le monde est tombé à l’eau). Notre guide se fait une grosse frayeur pendant un des gros rapides, à priori il n’a pas été assez réactif sur l’orientation du raft et nous avons pris malencontreusement le « mauvais chemin » d’un rapide. Pensant que cela fait partie du trajet, nous sommes excités et plein d’adrénaline mais il faudra quelques minutes sur le bas-côté à notre guide pour s’en remettre, un peu blême. La suite du rafting se passe tout aussi bien (même la pagaie perdue dans un rapide par Rodolphe – après s’être consciencieusement assommé avec – est retrouvée quelques secondes plus tard) et on en redemanderait bien ! À la pause déjeuner, nous prenons une bonne douche chaude et nous dégustons le fried rice préparé avec les ingrédients du marché. Pari réussi, nous voici en pleine forme !

PS > Nos appareils n’étant pas waterproof, nous n’avons pas encore de photos de la session de rafting, mais nous allons en demander à Simon qui a mitraillé avec son appareil magique !

Zipline à la cime des arbres

Nous n’allons pas en rester là alors que nous sommes en si bonne voie : le lendemain, c’est dans un « accrobranches » local que nous allons nous défouler. Cette fois, c’est après une petite heure de trajet que nous atteignons la base en pleine forêt au milieu des cascades. Choix de l’équipement et briefing de sécurité : nous n’échappons pas à l’air ridicule avec la charlotte obligatoire sur la tête !

Nous avons opté pour le package « silver » qui combine une vingtaine de plateformes à la cime des arbres (les ponts de cordes à traverser, les rondins sur lesquels il faut sauter) et une dIzaine de tyroliennes plus ou moins longues. Sans oublier les deux descentes en « rappel » (mais en fait complètement dans le vide et à pic) de 20m et 40m, entre les mains des guides qui nous accompagnent ! Une fois le vertige vaincu, c’est très sympathique. À la fin du trajet, nous atterrissons non loin d’une cascade où nous prenons les traditionnelles photos de l’excursion. Encore une journée bien remplie !

Gros chats à Tiger Kingdom

Un soir, nous retrouvons pour l’apéro Kyong, notre ami américano-coréen que nous avons rencontré lors de notre croisière sur la baie d’Halong le mois dernier. Il est là depuis quelques jours déjà et il nous parle avec excitation du Tiger Kingdom où il a passé la matinée. Le Royaume des Tigres ? Les yeux de Jordane commencent à pétiller (son tigre à elle lui manque sérieusement, alors que la brave bête coule des jours heureux au soleil des Antilles à martyriser sa mère, les chats du quartier et les lézards – les oiseaux, c’est pas encore à sa portée !) Le principe du Tiger Kingdom : aller caresser des tigres de toutes les tailles et de tous les âges… directement dans leurs cages !?! C’est, à priori (et on comprend pourquoi), le seul endroit au monde où on peut vivre cette expérience.

Jordane n’hésite pas une seule seconde, il faut y aller ! Mais comme Tiger Kingdom est à une quarantaine de kilomètres de Chiang Mai, pas le choix… Il va falloir louer… des deux-roues ! Aie… On vous le rappelle, nous ne sommes plus vraiment fans des deux roues depuis notre mésaventure cambodgienne. Mais que ne ferait pas Jordane pour aller faire des patouilles à un tigre ! Après de longues hésitations et un peu de stress, nous louons deux scooters le lendemain matin. Avec casques. Nous optons pour le très sage scooter à vitesse auto… et nous mettons beaucoup trop de temps pour parcourir ces 40 petits kilomètres puisque nous ne dépassons pas ou très peu les 30 km/h (au grand désespoir de Simon sans doute, très bon motard, mais qui a été assez chic pour ne pas nous faire de remarque !)

Nous arrivons à Tiger Kindgom et bien qu’il ne soit pas beaucoup plus de 10h du matin, le centre est déjà bondé. Certes, c’est ultra touristique… À l’entrée, on choisit son « menu » : veut-on passer un quart d’heure avec les bébés, les petits, les moyens ou les gros chats ? Rodolphe opte pour le « big cat » tout comme Mylène et Simon alors que Jordane ne résiste pas longtemps à opter pour le « small + big cat ».

On nous donne de petits tickets et on inscrit notre numéro de groupe sur un tableau. Après une longue attente, on appelle enfin le groupe 473 ! Nous sommes accueillis par le guide armé de son petit bout de bois et on nous indique les consignes de sécurité avant d’entrer : on reste derrière lui et on n’essaie pas de toucher la tête du tigre ou ses pattes avant ! La grille – modèle Fort Boyard – s’ouvre et on entre dans l’enclos grillagé où marchent, jouent et dorment une demi douzaines de gros tigres. Que dis-je, d’énormes tigres ! Une patte avant fait aisément la taille de la tête de Jordane. Le guide nous conduit vers un gros matou endormi. Nous sommes un peu surpris quand il nous propose de nous allonger dessus pour prendre les photos mais le gros chat ne lève même pas un sourcil ! Nous faisons ainsi le tour de l’enclos pendant une quinzaine de minutes à découvrir quelques uns des tigres. (On apprendra par la suite que malgré leur taille imposante… il n’y en a aucun qui n’a plus de 18 mois !) Jordane passe ensuite un autre quart d’heure privilégié avec les petits tigres de six à huit mois, très occupés à se pourchasser les uns les autres dans leur piscine. Une fois hors des cages, nous faisons un tour dans le parc et nous apercevons les très rares tigres de Sibérie tout blancs avec leurs beaux yeux bleus et un lion au repos à l’air très à l’aise, les quatre fers en l’air contre sa grille.

Doi Suthep

Nous profitons de nos deux-roues pour grimper la très jolie route de lacets de la montagne de Doi Suthep, à une quinzaine de kilomètres de Chiang Mai. À son sommet se perche le Wat Phrathat Doi Suthep, un site sacré pour les Thaïlandais, un temple bouddhiste (bien sûr) avec une impressionnante vue sur la ville. Nous montons allègrement les 306 marches qui mènent au temple avant de découvrir son coeur véritable, son bouddha d’émeraude et son chedi original plaqué de cuivre autour duquel les fidèles font une procession en récitant des prières.

Buddhas everywhere !

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