Plantations d’hévéas de Kompong Cham

KompongCham 00

Jour 107 à Jour 108
du dimanche 27 au lundi 28 octobre 2013

À notre retour de Siem Reap, nous avons été invités chez Alain pour un grand dîner avec toute la famille de Sina. Soirée très agréable où nous nous présentons à la famille en français, que Sina traduit en Khmer, avant que ce soit à leur tour de se présenter ! Sina et ses sœurs avaient préparé un véritable festin et nous nous régalons.

Mais le lendemain, il nous faut partir tôt ! La route qui chemine jusqu’au Mondolkiri est longue et nous avons donc décidé de faire halte au milieu, à Kompong Cham, grosse bourgade sur les rives du Mékong (encore ?!). Après 5h de bus assez inconfortable, nous voici arrivés à la ville où nous prenons une chambre au Mékong Hotel sur les conseils d’Alain et dont le Lonely Planet vante la largeur des couloirs dans lesquels on pourrait faire de géantes parties de freesbee (et c’est le cas) !

Une fois les sacs posés, nous nous mettons en quête d’un endroit où déjeuner. Un petit café fait justement l’angle et sa terrasse parait accueillante. Toujours dans le Lonely, il est indiqué qu’il y a un bon guide du nom de Mr Vannat qui emmène les touristes se promener dans la région… et que c’est généralement lui qui vous trouve avant que vous ne commenciez à le chercher. Et effectivement, à peine sommes-nous attablés que Mr Vannat, parlant un français très correct, nous aborde gentiment. L’hôtel nous a donné une bonne carte (rédigée en français) et nous nous en servons pour établir un trajet avec Mr Vannat. Il nous propose 2 itinéraires : le premier pour voir des temples et les alentours de la ville, le deuxième pour découvrir les grandes plantations d’hévéas qui font la réputation de la région. Bon, les temples, on a déjà donné et on commence à avoir eu notre dose ! Par contre les arbres à caoutchouc, c’est moins commun !

Notre sandwich rapidement avalé, nous sautons dans le tuk-tuk de Mr Vannat. Mais attention, ici ce n’est pas le tuk-tuk de base – une mobylette tirant une remorque – non, non ! Mr Vannat est équipé d’un véritable tuk-tuk de compétition, basé sur le châssis d’une vraie grosse moto et à l’allure bien plus professionnelle ! La vitesse, la stabilisation mais surtout le bruit du moteur vous font tout de suite sentir que vous n’êtes pas dans la même catégorie de véhicule (note de Jordane : mais ce n’est pas beaucoup plus confortable) !

Il roule à vive allure afin d’atteindre la petite ville de Chup, de l’autre côté du Mékong le plus vite possible. Après une petite demi-heure de route, nous visitons d’abord l’usine de traitement du caoutchouc. C’est, certes, une visite un peu à l’envers, mais notre guide craint qui si nous arrivions plus tard, il n’y ait plus d’activité dans l’usine. Nous arrivons donc juste quand un camion citerne, plein de la récolte du matin de la sève des hévéas, déverse son contenu dans de grands bacs rectangulaires. Ici, la sève à l’état brut sera mélangée à de l’acide formique pour accélérer sa coagulation et éviter les mauvaises odeurs. On laisse le tout reposer pendant la journée et une bonne nuit. (On est calés, hein?)

Puis à l’autre bout de ces grands bacs, ceux de la veille donc, une machine avale cette grande bande de caoutchouc pour la faire passer dans une sorte de gros mixeur après avoir été maintes fois rincée à l’eau. Le caoutchouc mixé est ensuite envoyé dans de grands fours pour y être chauffé pendant… on ne sait plus combien de temps (ce doit être un secret de fabrication bien gardé) pour ensuite être rejeté à l’autre bout sur un grand tapis roulant. Là, des ouvriers s’affairent à découper des morceaux de caoutchouc pour les peser jusqu’à en faire un bon gros bloc collant d’un total très précis de 33,33 Kg. D’autres s’en saisissent pour les passer à la presse afin d’en sortir des gros blocs bien rectangulaire et calibrés, emballés dans du plastique avant d’être bien rangés dans des caisses en bois… d’hévéas, naturellement ! Tout ça est ensuite envoyé en direction du Vietnam, principalement, où des usines de transformation utilisent le caoutchouc pour en faire des pneus, des consommables utilisés dans la chirurgie et nécessitant du caoutchouc pur, ou bien encore des préservatifs !

Après cette intéressante visite, Mr Vannat nous emmène voir la source de toute cette industrie, les arbres eux-même. La plantation est assez impressionnante et couvre un grand terrain. C’est la première plantation installée au Cambodge par des français durant la colonisation au début des années 1900.
Les arbres sont saignés tous les 3 jours par des dizaines de « saigneurs » qui récoltent la sève dans de petits bols accrochés au bas du tronc. Chaque saignée donne environ 400ml de sève par arbre qui sont ensuite transvasées de seaux en bidons jusqu’à atteindre la cuve du camion citerne. Et chaque jour, les saigneurs changent de zones pour ne pas saigner les mêmes arbres.

Maintenant que nous sommes experts en la matière, il est temps de rentrer à Kompong Cham avant la nuit. Sur la route Mr Vannat nous arrête à un petit village de pêcheurs sur le Mékong. Leurs habitations sur l’eau sont très originales et assez étranges avec leurs grands bambous arqués servant de supports à de grands filets de pêche. Nous restons un petit moment à profiter de la scène. Des étals présentent toutes sortes de choses bizarres à manger dont de petits serpents grillés. Brrrr, très peu pour nous, nous regagnons rapidement la ville et remercions grandement Mr Vannat pour cette belle après-midi.

Un dernier tour sur les bords du Mékong aux dernières lueurs du jour, où les jeunes jouent au foot ou avec de grands cerf-volants, puis nous allons dîner avant de rentrer faire une partie de freesbee dans les couloirs de notre hôtel… ;)

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