Escapade à Luang Prabang

LuangPrabang 00

Jour 132 à jour 133
du jeudi 21 au vendredi 22 novembre 2013

Deuxième journée de SlowBoat

Cette fois-ci, pas de question de nous faire avoir ! Puisque nous n’avons eu absolument aucune information fiable quant à l’heure du départ le lendemain, nous fixons les réveils à une heure indue et nous levons aux aurores, bien décidés à être parmi les premiers à monter dans le bateau pour ne pas nous retrouver, une fois encore, dans la salle des machines, moteur hurlant !

Nous décampons donc assez tôt de notre auberge en direction de l’embarcadère, à peine 10 minutes de marche en contre-bas. Au passage, nous nous arrêtons à une boulangerie pour acheter un bon gros muffin au chocolat pour Jordane et ce qu’ils appellent « un pain au chocolat » pour Rodolphe. Arrivés à l’embarcadère, miracle ! Notre prudence a payé et nous sommes dans les tous premiers à monter à bord de ce bateau, pas le même que la veille, mais exactement du même acabit.

Nous prenons les sièges les à l’avant du bateau… afin d’être le plus loin possible du moteur. Nous attendons un long, très long moment que les autres passagers embarquent (peut-être une heure ou deux) puis notre bateau finit par prendre le large et continue sa route, que dis-je, son fleuve pour cette deuxième journée.

La quatrième arnaque : les tuk-tuk de Luang Prabang

Notre deuxième jour de navigation se passe sans encombres. Rien à signaler, capitaine! En fin de journée, nous approchons enfin de notre dernière étape après ces trois jours épiques, la ville de Luang Prabang. Nous ne quittons pas des yeux le GPS pour voir où nous en sommes – car personne à bord ne fait d’annonces ou ne semble au courant – et nous arrivons enfin…mais pas tout à fait en centre ville… À priori, rien de bien étrange me direz-vous, mais étant donné qu’il n’y a aucune infrastructure pour amarrer les bateaux à la rive, ces derniers aurait pu pousser les quelques kilomètres restants sur le Mékong jusqu’au centre de Luang Prabang. Nous comprendrons bien vite pourquoi.

À peine débarqués, les pieds dans la boue du rivage, nous attendons nos sacs qui se baladent de bras en bras (de voyageurs) jusqu’à quitter le bateau. Il nous faut gravir la pente, très raide, jusqu’à la route, sur des marches glissantes, où nous découvrons une véritable armée de tuk-tuk ! La quatrième et dernière arnaque est ici : au lieu de vous déposer plus loin en ville, où vous pourriez gagner votre hébergement à pied, tous les bateaux s’arrêtent là afin que les tuk-tuk aient aussi leur part du (gros) gâteau, en vous conduisant pour les derniers kilomètres jusqu’au centre moyennant quelques dizaines de milliers de kips. Enfin, en théorie ce serait jusqu’à votre hébergement mais pour notre part, notre chauffeur n’ayant pas compris le nom de notre guesthouse, il nous laisse en plan en centre ville, nous laissant trouver notre auberge et finir à pied cette véritable épopée !

Luang Prabang, nous voici !

Nos sacs sur le dos, nous nous dirigeons vers l’auberge que nous avions réservée sur internet et qui a eu la bonne idée de garder les chambres jusqu’à notre arrivée… (visiblement, ce n’est pas toujours le cas).

Un brin de toilette plus tard et nous repartons en ville à la recherche d’un endroit où dîner. Sur notre chemin, nous arpentons les allées du grand marché de nuit qui se monte, chaque soir, sur la rue principale de la ville. C’est immense et l’on se demande comment diable peuvent-ils monter et démonter chaque soir tous ces petits chapiteaux servant de stands. Après quelques achats et un bon repas, nous retournons à notre guesthouse dormir dans un vrai lit.

Temples et Palais royal

Alors que Simon et Mylène restent à Luang Prabang un peu plus longtemps, nous n’avons que la journée d’aujourd’hui pour visiter la ville. Demain, nous nous envolons pour Vientiane en fin d’après midi. Nous décidons alors de passer un peu de temps à visiter quelques temples et marchés le matin. Nous partons en direction du Palais royal en traversant un petit marché matinal. Les odeurs et la vue de certaines carcasses de divers poissons vous piquent au vif en ces premières heures de la journée et nous finirons de traverser ce marché assez rapidement. Après nous être acquittés des 20000 kips de l’entrée du palais, nous nous déchaussons avant de pouvoir entrer dans le bâtiment. La première pièce est immense et étincelle de mille feux, les murs étant couverts de milliers de petits miroirs colorés (désolé, les appareils photos n’avaient pas le droit à la visite et devaient être enfermés à la consigne…). Nous passons un moment à observer les fresques sur le fond rouge profond qui prédomine dans toute la pièce, tout en essayant de capter quelques bribes de discours des guides des nombreux groupes de visiteurs…

Le Laos a été un royaume jusqu’au milieu des années 70, jusqu’à ce que le Parti révolutionnaire populaire lao ne décide d’abolir la monarchie. Le roi, le prince héritier et une grande partie de la maison de Luang Prabang seront finalement déportés dans des camps de concentration – dits « séminaires de formation ou de rattrapage idéologique » – où 34 des membres de la famille royale périront (source : Wikipédia). Le palais royal a pourtant été laissé en l’état (et reste une attraction touristique non négligeable, d’ailleurs), ce qui explique la décoration assez … d’époque… de certaines pièces (comme les chambres à coucher, aux fournitures très typées!)

La visite se poursuit par la découverte de la collection de tous les cadeaux royaux faits par les autres pays aux souverains à travers les années. Nous nous amusons de voir les cadeaux faits par les États-Unis un peu avant la fin du règne : une petite maquette de la sonde Apollo atterrissant sur la lune avec en bonus une fraction de pierre de lune sous verre, ou encore, un petit drapeau du Laos ayant fait un voyage dans l’espace, toujours avec sa petite poussière de lune sous verre.

La dernière partie de la visite se passe dans le garage royal, où de belles voitures sont exposées. Parmi les grosses américaines de l’époque se trouve une « modeste » Citroën DS dont le petit écriteau indique que le chauffeur préférait de loin cette voiture aux autres, celle-ci étant équipée d’une boîte de vitesse manuelle, vous mettant plus en liaison avec la voiture et rendant mieux hommage à la complexité mécanique de la voiture ! Cocorico ! ;)

Notre visite royale achevée, nous retournons à notre guesthouse en suivant la rive du Mékong, particulièrement agréable. Les rues sont calmes, ombragées, silencieuses. Une multitude de petites terrasses de restaurants surplombent le Mékong et donnent toute envie de s’y arrêter un instant, ce que nous faisons sans tarder afin de nous désaltérer d’un bon (sempiternel) « mango shake » !

Les cascades de Tad Sae

Impossible de faire un pas dans Luang Prabang sans qu’un chauffeur de tuk-tuk ne nous crie (ou murmure, à la manière d’un dealer) « Waterfall ? Waterfall ? » Puisque tous les chauffeurs de tuk-tuks de la ville veulent nous y emmener, c’est que ça doit valoir le détour! Nous préférons opter pour le minibus commun, moins cher, qui nous y emmène en une petite heure. La route nous fait traverser des campagnes et nous apercevons de superbes paysages ainsi que nombre de cultures en rizières. Ce n’est pas du tout du même style que Sapa au Vietnam mais nous nous régalons de ce beau trajet.

Une fois débarqués et après avoir payé le droit d’entrée, nous traversons tout d’abord une sorte de réserve consacrée à une certaine espèce d’ours. Assez surpris de trouver des ours par ici, nous les regardons jouer avec un pneu leur servant de balançoire. Ils sont de belle taille ! Leur principale caractéristique : un pelage vraiment épais et touffu sur la première moitié du corps, leur donnant une grosse tête impressionnante mais un arrière-train un peu maigrichon… Quelques minutes plus tard, nous poursuivons notre chemin pour découvrir enfin ces fameuses cascades. Et effectivement, elles sont à la hauteur de leur réputation…!

Se déversant sur une multitude de niveaux, il y a d’abord de grandes piscines naturelles dans lesquelles ont peut nager dans une eau bleu turquoise, ce que nous nous empressons de faire ! L’eau est assez fraîche mais c’est parfait étant donné la température extérieure ! Une corde accrochée au sommet d’un grand arbre surplombant l’eau permet de se prendre pour Tarzan mais elle est beaucoup sollicitée, trop, à tel point qu’elle casse avant même que nous puissions l’essayer. Tant pis, ce sera pour une prochaine fois. Nous continuons encore un peu sur un petit sentier de balade pour découvrir véritablement LA chute, immense et superbe. Le temps de l’apprécier et de prendre quelques photos mais il nous faut déjà repartir, notre minibus nous ayant donné une heure de retour précise. C’est reparti pour une heure de route, tout le monde piquant un petit somme, bien fatigués par ces derniers jours bien remplis !

Le dernier resto

Ce soir, c’est notre dernière soirée en compagnie de Simon et Mylène, alors on décide de s’offrir un bon resto ! Direction le bord du Mékong sur une de ces fameuses terrasse bien agréables. Pas grand monde n’est de sortie ce soir il faut croire, car nous sommes seuls dans le restaurant et nous avons l’impression d’avoir privatisé cette grande terrasse avec 2 serveurs aux petits soins rien que pour nous. Simon et Mylène restent dans la gastronomie purement laotien (mais nous avons oublié leurs plats) alors que Rodolphe se laisse aller par un magret de canard au chutney de mangue fraîche et Jordane par un poulet à la crème de champignons. Héritage français, qu’on vous dit !

Un très bon repas accompagné d’un bon dessert pour une bonne dernière soirée où nous en profitons pour mettre sur pied notre prochaine expédition ensemble, probablement les routes sinueuses de l’Islande en juin prochain… Ce ne sera pas tout à fait le même genre de décor mais Mylène met déjà une option sur un cocktail à boire dans une source d’eau chaude de Reykjavik. Le rendez-vous est pris !

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