Entre samouraïs et épouvantails

Kanazawa 00

Jour 61 à Jour 63
du mercredi 11 au vendredi 13 septembre 2013

Ça y est, cette fois nous sommes bel et bien partis de la capitale – nos deux précédentes escapades à Nikko et à Kawaguchiko n’ayant été que de petits allers-retours depuis Tokyo – et nous partons pour une escapade de quelques jours à Kanazawa, ville des samouraïs et des geishas au bord de la mer qui sépare le Japon de la Corée.

Kenroku-en

Kanazawa abrite l’un des trois plus beaux jardins du Japon : le Kenroku-en. Et même si le temps est assez couvert, le jardin est à la hauteur sa réputation ! De petites allées sillonnent à travers de grands arbres centenaires, une maison sur pilotis semble flotter au-dessus d’un large étang et des lanternes de pierre aux formes élaborées sont disséminées au gré de notre parcours. Nous aimons l’atmosphère qui se dégage de ce lieu et explorons la plupart des allées. Notre guide mettait en garde contre les hordes de touristes qui viennent ici chaque jour à tel point qu’il faut parfois savoir jouer des coudes, mais aujourd’hui, point de hordes pour nous, le jardin est presque désert et nous en profitons jusqu’à la dernière minute. Vous l’aurez deviné, pas plus tard que 17h !

Kanazawa-Jo

Non loin de là se dresse le château de Kanazawa, tout droit sorti d’un film de samouraïs. Et même s’il a été détruit à plusieurs reprises par des séismes et des incendies (il collectionne !), il a été restauré il y a peu et il n’en reste pas moins impressionnant. Nous passerons un peu de temps au bord d’une mare à jouer les ornithologues en herbe en épiant les canards et les grues (hérons ?).

Nagamachi

Mais parlons-en un peu de ces fameux samouraïs ! Au sud-ouest de la ville se situe le quartier Nagamachi, qui a préservé jusqu’à ce jour nombre de maisons de samouraïs de l’époque Meiji. Nous nous baladons à travers ses ruelles tortueuses, volontairement construites de façon labyrinthique afin de repousser (ou du moins de ralentir) les invasions de l’ennemi. Nous visitons la maison Nomura et son magnifique jardin intérieur, certes un peu étriqué (mais nous sommes en ville après tout) mais d’un charme indéniable. Nous tombons une fois de plus sous le charme des maisons japonaises et de leurs cloisons en papier de riz modulables et pratiques. Une grande salle de réception ou deux salons séparés ? Il suffit de faire glisser la cloison silencieuse et le tour est joué.

Omichi

Le matin même, nous avons pu prendre notre revanche sur le terrible marché aux poissons de Tsukiji, à Tokyo, que nous avons lamentablement raté deux fois. En descendant une station trop tôt à notre arrêt de bus à Kanazawa, nous avons eu la surprise de tomber sur le très coloré marché d’Omichi. Et nous avons enfin vu frétiller nos poissons frais et se trémousser les pauvres crabes de mer glacés ! Il n’y a pas à dire, les japonais sont friands de tout ce qui vient de la mer. TOUT ! Des calamars encore gigotants aux gigantesques huîtres qu’ils font rôtir sur une grille, ils engloutissent tout d’un air satisfait alors que nous n’avons même pas encore petit déjeuné. Et ce seau étrange là, ce ne serait pas des entrailles de poissons ? Ha, il plonge sa cuillère dedans ? Ha….

Après toutes ces visites, il est temps pour nous de rentrer à notre auberge. Nous avons élu domicile dans une auberge de jeunesse ouverte tout juste 1 mois plus tôt et son propriétaire, Shaq, est très drôle et sympathique. Avec son franc parler, ses cheveux décolorés et son style à la cool, il est loin de nos hôtes traditionnels précédents ! Après avoir longtemps vécu aux États Unis, il est rentré au pays il y a six mois pour rénover un ancien restaurant et le transformer en ce ryokan moderne et accueillant. Nous restons 3 nuits dans une chambre de type traditionnelle, avec tatamis au sol et futons (on y peut rien, on adore).

Shirakawa Go

Notre venue à Kanazawa nous a permis de faire une excursion d’une demi-journée dans le village de Shirakawa Go, à un peu plus d’1h de bus de là. Shirakawa Go est connue pour ses maisons typiques aux toits de chaume, à l’instar du village de Saiko dont nous avons parlé dans notre article sur le Mont Fuji. Mais ici – contrairement à Saiko où le village est devenu une attraction à part entière – la vie suit son fleuve tranquille. Bien que des cars entiers de touristes (principalement japonais) se déversent dans le village, les maisons sont toujours habitées et la vie bat son plein dans ce petit village qui se passerait bien de tout ce raffut.

À notre arrivée, nous devons traverser à pied un pont suspendu qui enjambe la rivière Shokawa avant d’atteindre le cœur historique du petit village. Il est tôt mais le soleil est resplendissant et nous remarquons bien vite quelques panneaux touristiques indiquant un observatoire en haut d’une colline, à l’autre bout de la ville. Nous avons déjà eu l’occasion de voir de magnifiques cartes postales du village depuis un point de vue en hauteur (sans doute celui-là ?) et nous sommes impatients de le découvrir de nos propres yeux (et appareils photos) ! Nous bravons alors sans sourciller la chaleur écrasante et commençons l’ascension de la colline à travers une forêt ombragée. Il nous faut quelques minutes pour reprendre notre souffle (et nous éponger copieusement malgré l’heure matinale) avant d’admirer la vue sur ces maisons traditionnelles. Mais… Mais il y a la grand-route qui sectionne le village en deux! Et c’est quoi tous ces bâtiments tout carrés en plein milieu? Nous avons un peu l’impression de nous être fait berner.

C’est en entrant dans la boutique de souvenirs située à l’observatoire que nous comprenons enfin la supercherie. Le mythe de Shirakawa Go ne tient quasiment que par le cadrage des photos de cartes postales, toutes prises depuis exactement le même point et au même niveau de zoom. Nous ferons d’ailleurs quasiment les mêmes, si ce n’est que nous sommes en plein soleil de fin d’été et que la majorité des photos sont prises au cœur de l’hiver lorsque les toits sont couverts de neige et les cheminées fumantes, donnant encore plus de cachet à ce petit village.

Malgré tout, c’est une bien jolie escapade au pied des montagnes que l’on aperçoit cette fois distinctement à l’horizon. Les maisons sont entourées de champs de fleurs et les canaux d’eau douce qui bordent les rues abritent d’énormes saumons scintillants. Oui, des saumons ! Par dizaines, ils se mettent à l’ombre sous les petits ponts qui enjambent régulièrement les canaux pour mener aux maisons et autres boutiques. Les sushis ici doivent avoir une saveur particulière mais nous optons pour de délicieuses brochettes de viande et de riz gluant pané. (Si quelqu’un connaît le nom de ces brochettes de riz, Jordane est preneuse !)

Mention spéciale à l’épouvantail coloré qui semble être la star de ce petit village : tous les touristes se feront prendre en photo à ses pieds, l’air très sérieux qui plus est !

3 réponses à Entre samouraïs et épouvantails

  1. Romain

    La rivière Shokawa, les maisons typiques, les couleurs magnifiques….A Paris, il fait bon mais gris :)

    • Samuel

      Toujours au Japon ?

      Bon Anniversaire Rodo !

      A+
      Samuel

      • Rodolphe

        Et non, nous sommes maintenant à Hong Kong après avoir passé une petite semaine en Corée du Sud.

        En tout cas grand merci Sam ! Pour fêter ça, nous avons passé la journée à Macau avec un gros spectacle le soir, super sympa ! :)

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