Après-typhon à Phong Nha

PhongNha 00

Jour 97 à Jour 99
du jeudi 17 au samedi 19 octobre 2013

Gare de Hanoi, 23h, après une courte journée en ville pour visiter le Temple de la Littérature et le mausolée d’Ho Chi Minh (que nous n’avions pu voir lors de notre premier passage), nous voici de nouveau dans un train de nuit mais cette fois, c’est pour nous rendre 500km plus au sud, à Dong Hoi. Le temps indiqué pour faire le trajet est de 9h environ…

Hanoï

C’était sans compter sur le typhon passé par là à peine quelques jours plus tôt, sur les dégâts et surtout sur les inondations qu’il a engendrées ! Ce ne sera donc pas un trajet de 9h que nous ferons mais près du double, ce qui nous fera arriver un peu avant 16h à la gare de Dong Hoi, au lieu du « 7h49 » indiqué sur notre billet.

Durant le trajet, le train s’arrête maintes et maintes fois et parfois pendant de longs, très longs laps de temps. L’attente est interminable. Nous commençons à avoir sérieusement faim car il ne reste plus rien à se mettre sous la dent chez les vendeurs ambulants des wagons ! Notre train est arrêté en gare, visiblement abandonnée depuis belle lurette. Quelques femmes présentent leurs poulets (encore vivants) aux fenêtres et quelques passagers se précipitent sur le quai pour acheter quelque chose à grignoter. Le train ne bouge toujours pas. Nous comprenons au bout d’un moment, après avoir patienté parfois plus d’une heure, que notre train laisse la place à un autre train qui roule en sens inverse… Hé oui, ce serait tellement plus simple s’il y avait 2 voies de chemin de fer, mais il n’y en a qu’une seule… sauf dans les gares! Plus tard, nous apercevons des bataillons d’ouvriers ou de voisins qui s’activent à dégager la voie juste devant le train, lui permettant d’avancer à l’allure d’un escargot, petit bout par petit bout. Des arbres sont tombés, la boue recouvre la voie et tout ce qui est en dessous du niveau des rails est totalement inondé… à perte de vue.

À notre arrivée, aussi miraculeux que ça puisse paraître, le chauffeur-taxi de l’hôtel où nous avions réservé est bien là, malgré nos 8h de retard. Heureux qu’il ne nous ait pas abandonnés, nous sautons dans sa voiture en direction du parc national de Phong Nha Ke Bang. 45 minutes de route plus tard, nous voici arrivés à l’hôtel flambant neuf (ouvert quelques semaines plus tôt et qui surplombe de très haut la rivière) et avec de grandes chambres propres (et lits à baldaquin !) Nous sommes visiblement les seuls clients. Le temps est menaçant mais il ne pleut pas et nous nous ruons sur la grande terrasse-restaurant, affamés ! Joël, un australien s’occupant de l’hôtel, nous explique que toutes leurs réservations ont été annulées à cause des inondations de la veille et de la météo. Nous sommes bien les seuls rescapés à avoir réussi à venir jusque-là… Sauf qu’à priori, patatras, cela ne servira pas à grand chose : nous ne pourrons rien voir, tout étant inondé dans les alentours.

Car c’est vrai ça, qu’étions-nous venus voir par ici ? La région est connue depuis peu pour son très grand réseau de grottes, certaines comptant parmi les plus grandes du monde. Ce réseau n’ayant été découvert qu’assez récemment, il est encore assez peu visité par les touristes (bon point après Sa Pa!). Pour visiter l’une des grottes, il faut carrément partir en expédition d’une semaine sous terre (un séjour à plus de 4000$ si on en croit la brochure) et c’est complet jusqu’en 2015.. Tout un programme ! Deux des grottes facilement accessibles nous tentaient beaucoup et nous nous imaginions déjà casque sur la tête et torche à la main. Mais non, pour le moment, nous sommes condamnés à rester à l’hôtel, coupés de l’électricité, à revoir un peu la suite de notre trajet en fonction de la météo…

Le lendemain, Joël et Tony, le patron, nous proposent de faire le tour de la région en voiture avec eux, histoire de sortir un peu. Nous nous rendons d’abord à Son Trach, ville la plus proche et point de départ pour visiter la grotte de Phong Nha en bateau. Ici, l’eau a du redescendre aussi rapidement qu’elle était montée mais en laissant derrière elle une sacrée couche de sable et de boue sur toute la rive et une partie de la route. Tout le monde s’affaire à nettoyer, laver, pelleter. Joël et Tony continuent leur tournée des environs en en profitant pour se renseigner à la source : quand rouvriront les différentes grottes ? Pas avant la semaine prochaine, à priori… Qu’importe ! Ce tour en voiture nous permet de découvrir un peu de cette belle région montagneuse et de nous rendre compte par nous-mêmes des dégâts provoqués par le passage du typhon.

Nous rentrons à l’auberge où l’électricité est enfin revenue. Renseignements pris, la belle Hoi An, la ville la plus jolie de la côte un peu plus au sud (voire du Vietnam!) est encore sous les eaux. Les palmiers et cocotiers ont été arrachés de ses belles plages et le spectacle ne sera pas vraiment celui des cartes postales. Les trains cumulent toujours un retard d’au moins 4h annoncées mais sans doute beaucoup plus (les trains de la veille ne sont toujours pas arrivés). Il reste quelques places dans un vol pas cher pour Ho Chi Minh, bien plus au sud du pays et donc épargné… et nous n’hésitons pas longtemps à prendre nos billets, même si l’on sait que nous raterons quelques beaux paysages sur la côte. La météo aura eu raison de nous !

 Phong Nha

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